Tibet : Le musée Guimet mis en demeure par des associations
Sous l’impulsion de Xi Jinping, la Chine a débaptisé le Tibet en 2023 pour lui donner le nom de province autonome du Xizang. Parce qu’il représente trois associations de défense du Tibet (Étudiants pour un Tibet libre, France-Tibet et Lions des neiges Mont-Blanc), William Bourdon se fait l’écho de celles et ceux qui dénoncent l’anéantissement de la culture tibétaine par la Chine et dont la France se rendrait complice.
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«Que Pékin obtienne satisfaction en externalisant sa politique d’effacement du Tibet vers la France est inacceptable, explique William Bourdon à Radio France. » Le courrier adressé au musée Guimet pointe «le choix fait par le Musée Guimet et par le ministère de la Culture, en collaboration semble-t-il avec le ministère des Affaires étrangères, d’effacer le nom Tibet de la nomenclature utilisée dans le musée».
Tandis que le musée du Quai Branly a décidé que le nom Tibet figurerait de nouveau sur ses murs, la directrice du musée Guimet, Yannick Lintz, a défendu quant à elle l’appellation «monde himalayen», ce qui n’a «rien de politique», dit-elle. Dès lors, pourquoi ne pas proposer de livre où figure le mot Tibet, s’interroge Me Lily Ravon.
Elle fait référence à une tibétologue qui s’est rendue récemment au musée Guimet. «Elle a été témoin, durant l’exposition consacrée à la dynastie chinoise des Tang qui vient de s’achever, que tous les ouvrages qui reprenaient l’appellation Tibet dans leur titre ont été mis de côté, et que ces consignes viendraient directement du Quai d’Orsay».
Excès de zèle ou complaisance pour un régime autoritaire ? Les destinataires de la lettre ont un mois pour répondre. Sinon ils s’exposent à une action judiciaire.
