Le gouvernement s’est retrouvé « en panne sèche » dans sa gestion de la pénurie de carburant

Le gouvernement s'est retrouvé « en panne sèche » dans sa gestion de la pénurie de carburantLa réaction tardive de l’exécutif face à la grève dans les raffineries passe mal au sein même de la majorité. Un retard à l’allumage critiqué dans les ministères, qui se renvoient la balle. «Objectivement, on n’a pas été à la hauteur», peste un conseiller ministériel auprès de France Télévisions.

La séquence sur le dossier de la pénurie de carburant a laissé des traces au sein du gouvernement d’Elisabeth Borne. Chacun se renvoie la responsabilité des erreurs commises pour gérer la crise. Alors que la grève a été reconduite dans six des huit raffineries de l’Hexagone, mercredi 12 octobre, le gouvernement a fini par réagir en ordonnant la réquisition du personnel indispensable au fonctionnement du dépôt ExxonMobil de Port-Jérôme, en Seine-Maritime.

«Dans les prochains jours, là, vous allez avoir une amélioration très sensible», a promis mercredi le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, à l’issue du Conseil des ministres. Mais les tensions dans les files de voitures qui s’accumulent aux abords de certaines stations-service vont quand même mettre encore un peu de temps à se résorber.

La pénurie de carburant a révélé de grosses lacunes en matière de communication. «C’est une crise de com’, parce qu’elle a été mal gérée», admet une conseillère en communication ministérielle. «On n’a eu aucune empathie. Il fallait être dans les stations-service au contact des Français. Tout le monde se planque», poursuit un autre conseiller, qui aurait aimé voir la mise en place d’une cellule de crise énergie à Matignon, «en mode Covid».

En pleine bataille à l’Assemblée sur le budget, ils sont plusieurs à reprocher aux ministres en charge du dossier d’avoir mis beaucoup trop de temps à réagir. «Ce n’est pas un retard à l’allumage, mais plus un diesel en panne sèche. La sobriété, ça ne peut pas marcher pour les réservoirs, constate un autre conseiller ministériel. On a laissé courir le truc un peu trop longtemps et maintenant, on est à 30 % de stations à sec».

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Tous fustigent le rôle et la position inflexible de la CGT, mais regrettent dans le même temps une communication gouvernementale qui a réagi avec un train de retard.

«C’est aux ministres en charge du dossier de s’exprimer, car ils gèrent les éléments de fond. Le porte-parole est là pour transmettre ces éléments au plus grand nombre en se déployant», rétorque-t-on du côté du cabinet d’Olivier Véran.

L’inaction de la ministre de la Transition énergétique est dans le viseur de plusieurs conseillers. Ils reprochent notamment à Agnès Pannier-Runacher, touchée par la Covid-19 depuis dimanche, de ne pas avoir fait passer le message dans le week-end d’un gouvernement au volant pour éviter la sortie de route. Du côté du ministère de la Transition énergétique, on se défend vigoureusement : «Les mesures opérationnelles ont été prises très rapidement, comme la libération des stocks stratégiques de l’État. La ministre était en déplacement dans le Pas-de-Calais jeudi et vendredi, en réunion avec les préfets sur ces sujets, et devant la presse, elle a expliqué les mesures prises».

Testée positive samedi, Agnès Pannier-Runacher s’est ensuite isolée mais «elle agit» et «est en lien permanent avec les organisations syndicales et les dirigeants des deux entreprises», à savoir TotalEnergies et Esso-ExxonMobil. «Elle est celle qui s’est le plus exprimée», argue encore son entourage, citant notamment une interview à BFMTV dimanche et un entretien avec La Voix du Nord lundi.

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