Relancer l’économie en défiscalisant les héritages des riches

Relancer l'économie en défiscalisant les héritages des riches

Défiscaliser les héritages des riches pour relancer l’économie : la dernière trouvaille de Bercy. Paniqué par l’idée que l’épargne des Français accumulée depuis le début de la crise sanitaire ne roupille sur les comptes courants, l’exécutif pense sérieusement à alléger la fiscalité sur les transmissions – qui sont l’apanage des plus aisés – pour stimuler la consommation.

« Je souhaite que nous ayons une croissance forte en 2021 (…) et que l’épargne des Français participe à cette relance économique », indiquait récemment Bruno Le Maire.

En la taxant davantage ? Il n’en est pas question, martèle Bruno le Maire, qui veut travailler « sur une base évidemment volontaire », et donc sur « des incitations ».

Parmi les pistes explorées, on apprend dans les Echos qu’un « système incitatif pour donner envie aux Français de recourir à des transferts ou des dons entre générations » est à l’étude. Comprendre : accroître les abattements fiscaux sur les transmissions de parent à enfant ou de grand-parent à petit-enfant.

Les « Français » dont parle Bruno Le Maire, ce sont donc les ménages qui jouissent d’une situation confortable, et non les 50 % de la population qui n’ont quasiment rien. Pour être clair : les classes moyennes qui ont accumulé de l’épargne durant la crise sanitaire peuvent déjà en léguer une grande partie à leurs enfants sans payer d’impôts. Sans oublier les transmissions d’assurance-vie à la fiscalité hyper favorable qui bénéficient d’un régime dérogatoire, et ne sont donc pas comptées dans l’abattement de 100 000 euros…

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En fait, « les droits de succession ne concernent que très peu de monde. En d’autres termes, accroître l’abattement, c’est favoriser les transmissions entre plus aisés.

Faciliter les donations, l’exécutif favorisait donc un entre-soi patrimonial. Exécutif dont le chef Emmanuel Macron opposait pourtant il y a quatre ans la rente immobilière à tout « ce qui finance l’économie réelle »…

À l’inverse, dans un contexte où l’on ne sait toujours pas qui va payer les pots cassés de la crise, « la logique voudrait que l’on instaure davantage de solidarité au sein du pays, avance Nicolas Frémeaux, économiste à l’Université de Paris 2, et spécialiste des questions d’héritage.

Que l’on mette à contribution ceux qui ont beaucoup de ressources et qui n’ont pas subi le choc économique récent ». Il rappelle que par le passé, « après les grandes crises, notamment la Seconde Guerre mondiale, mais aussi la grande sécheresse de 1976, un impôt sur les plus hauts revenus avait été mis en place pour contribuer à l’effort national ».

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