La France produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme

Alors qu’en 2022, lors d’une crise énergétique, RTE avait lancé une « alerte rouge » appelant à la sobriété énergétique, comme le gouvernement de l’époque, la situation a radicalement changé. En 2024, 88,3 térawattheures ont dû être exportés faute d’être consommés, car l’électricité ne peut pas être stockée.
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Cette surproduction s’explique par une diminution de la consommation d’électricité des Français ces deux dernières années, ces derniers ayant intégré le concept de sobriété énergétique. Parallèlement, la production d’énergies renouvelables a augmenté, avec un pic entre midi et 16 h, notamment pour l’énergie solaire.
Cependant, cette surproduction d’électricité engendre des coûts importants, car les producteurs doivent s’en débarrasser rapidement. Lorsque l’offre excède la demande, les prix deviennent négatifs, obligeant ainsi les producteurs à payer pour écouler leur électricité. L’année dernière, selon la commission de régulation de l’énergie, les producteurs ont subi une perte de 80 millions d’euros.
Cette situation s’aggrave depuis plusieurs semaines, conduisant RTE à avertir les producteurs et fournisseurs d’électricité que le réseau est actuellement confronté à une situation critique en raison d’une surproduction d’électricité par rapport à la demande.
Pour éviter la surproduction, RTE peut contraindre l’arrêt de la production d’énergies renouvelables en arrêtant les éoliennes en fonctionnement, une mesure appliquée 13 fois depuis le début du mois de mars. La commission de régulation de l’énergie envisage également de revoir les plages horaires de tarification pour inciter à la consommation pendant les heures de pic de production d’énergie renouvelable, en décalant les heures creuses à l’après-midi plutôt que la nuit.
