Les êtres humains ont maîtrisé l’art de produire du feu bien avant ce qui était initialement supposé

C’est sur un site archéologique situé dans le comté de Suffolk, en Angleterre, que des chercheurs ont découvert des indices révélant l’utilisation du feu par nos ancêtres préhistoriques. Quels sont les indices ? Des outils en silex endommagés par la chaleur, de l’argile cuite indiquant une température supérieure à 700 degrés, ainsi que la présence de pyrite de fer, probablement utilisée comme amorce pour le feu, sont autant d’indices suggérant une origine intentionnelle de l’incendie. Étant donné la rareté de la pyrite dans la région, sa présence ne pouvait pas être fortuite. L’incendie aurait été déclenché en frappant des silex afin de générer des étincelles au-dessus de la pyrite, positionnée à proximité d’une petite quantité d’amadou, un champignon facilement inflammable.
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Les premiers individus en question ne correspondaient pas à l’espèce Homo sapiens, puisque notre espèce était confinée à l’Afrique à cette époque. Il s’agit en réalité d’individus de l’espèce Neandertalensis, qui ont vraisemblablement précédé Homo sapiens dans l’acquisition de la maîtrise du feu.
Cette trouvaille constitue une confirmation de l’utilisation du feu par les humains il y a 400 000 ans, alors que les preuves les plus anciennes connues jusqu’à présent provenaient de sites de campements néandertaliens datant de seulement 50 000 ans. Certes, des vestiges de foyers plus anciens, datant de plus de 500 000 ans, ont été découverts dans la grotte de Tautavel (Pyrénées-Orientales) et même de 790 000 ans en Israël. Cependant, aucune preuve n’attestait que ces feux avaient été intentionnellement allumés par des êtres humains et non simplement exploités de manière opportuniste lors d’un incendie fortuit ou d’une décharge de foudre pendant un orage.
Grâce au site de Suffolk et à sa pyrite, il est maintenant possible de repousser la date à laquelle on peut affirmer avec certitude que l’homme a délibérément allumé ses premiers feux. Cette date revêt une importance capitale, car les progrès sociaux majeurs ont découlé de la maîtrise du feu, en favorisant l’organisation des groupes humains autour de foyers, ainsi qu’une croissance significative du cerveau grâce à l’apport énergétique des aliments cuits.
Ainsi, la communauté scientifique espère que ces premières découvertes continueront d’enrichir nos connaissances afin d’éclairer davantage le passé de l’humanité.
