Comptes publics : La France va emprunter la somme record de 310 milliards en 2026
Chaque année, notre niveau d’endettement continue d’augmenter. En 2024, le montant s’élevait à 285 milliards d’euros, puis il est passé à 300 milliards d’euros en 2025. Ainsi, l’année suivante, il atteindra 310 milliards d’euros, soit une augmentation de 10 milliards par rapport à l’année précédente. Dans quel but cet argent est-il utilisé ? Fondamentalement, les recettes sont principalement allouées à deux objectifs : financer les dépenses de l’appareil étatique (c’est-à-dire l’administration de manière simplifiée) et rembourser la dette. À mesure que notre dette publique s’accroît, son coût de remboursement augmente également de manière mécanique, créant ainsi une spirale infernale.
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Les investisseurs continuent néanmoins de nous accorder des prêts sans difficultés car, concernant la France, ils ont la certitude d’être remboursés. Le système bancaire français est reconnu pour sa solidité et sa fiabilité, ce qui inspire confiance aux investisseurs. De plus, la collecte de l’impôt auprès des citoyens se déroule sans difficulté, ce qui constitue un élément crucial. Il est peu probable que nous ne puissions pas rembourser nos prêteurs tels que les fonds de pension américains et les retraités japonais.
La situation politique complexe en France ne semble pas encore avoir d’incidence significative, mais elle pourrait devenir un sujet préoccupant. Nous sommes capables de trouver des fonds financiers. Les opérateurs de France Trésor, l’entité publique relevant du ministère des Finances et responsable de l’émission de dettes sur les marchés, rencontrent peu de difficultés pour attirer les investisseurs.
Il n’est pas garanti que nous puissions bénéficier de taux d’intérêt avantageux en 2026, puisque notre crédibilité est compromise par l’absence d’adoption d’un budget, ce qui entraîne des conséquences financières négatives de la part des prêteurs. De plus, ils prennent le risque de nous accorder un prêt, mais à des taux d’intérêt de plus en plus élevés. Actuellement, la situation est maintenue de manière précaire. Cependant, elle risque de se compliquer en l’absence de la loi de finances pour l’année 2026.
Pendant ce temps, la France accentue significativement la disparité avec certains de ses pays voisins en Europe. Ce phénomène, connu sous le nom de “spread” et se référant à l’écart de taux entre les pays, est défavorable à la France. Actuellement, nous remboursons notre dette à des taux d’intérêt plus élevés que ceux de l’Allemagne, de l’Italie ou de l’Espagne. Plus précisément, le rendement des obligations d’État françaises à dix ans a augmenté de 2,9 % en 2024 à 3,5 % cette année. Nous affichons une croissance d’environ 0,9 % supérieure à celle de l’Allemagne, 0,5 % plus élevée que celle de l’Italie et en hausse de 0,4 % par rapport à l’Espagne. Sous quelles conditions la France envisage-t-elle actuellement d’emprunter ? La prochaine sollicitation des marchés par Paris est prévue pour le jeudi 8 janvier.
