Plus de 80 ONG demande d’interdire le commerce avec les colonies israéliennes

Plus de 80 ONG demande d'interdire le commerce avec les colonies israéliennes
Une coalition étendue et sans précédent de plus de 80 organisations non gouvernementales démarre ce lundi 15 septembre la campagne « Stop au commerce avec les colonies», selon les informations obtenues par France Inter. L’objectif est de presser les États européens à interdire les échanges commerciaux avec les colonies israéliennes implantées en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Dans un rapport accablant, elles pointent du doigt certaines entreprises européennes pour leur soutien, direct ou indirect, à l’occupation israélienne qui a pris de l’ampleur ces deux dernières années, en maintenant leurs opérations dans ces colonies.

À lire >> 40 ans après la catastrophe de Tchernobyl, une association lance un appel aux ramasseurs de champignons

Carrefour France, la société de voyages eDreams-Opodo en Espagne, le groupe allemand TUI, le britannique JCB ainsi que Siemens, Maersk et la banque Barclays sont mentionnées pour leurs collaborations, leurs services de transport ou leurs investissements en lien avec les colonies israéliennes. Les organisations non gouvernementales, telles que Oxfam, Christian Aid, Amnesty International, la Ligue des Droits de l’Homme et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, exhortent l’Union européenne et le Royaume-Uni à prohiber tout échange commercial avec les colonies israéliennes. Il convient de souligner que l’Union européenne se positionne comme principal partenaire commercial d’Israël, représentant environ 32 % du volume total des échanges de marchandises, soit environ 42 milliards d’euros annuellement.

À l’heure actuelle, il est possible d’importer en Europe des produits en provenance des colonies, à condition qu’ils ne bénéficient pas des tarifs préférentiels de l’accord entre l’UE et Israël. Cependant, selon un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne datant de 2019, ces articles doivent obligatoirement être étiquetés comme étant des « produits de Cisjordanie (colonie israélienne)» ou avec une mention équivalente.

Pour étayer leur requête, les organisations non gouvernementales citent l’avis de la Cour internationale de Justice de l’Union européenne datant de juillet 2024, lequel stipule que les États doivent s’abstenir de toute relation économique qui renforcerait cette occupation. La Cour de justice a rappelé aux États leur obligation de ne pas entretenir de liens directs ou indirects avec les colonies israéliennes, a expliqué Louis-Nicolas Jandeaux, responsable des plaidoyers chez Oxfam, lors d’une interview sur France Inter. Ainsi, il est impératif que ces obligations soient appliquées aux entreprises opérant dans ces États. L’objectif est de démontrer que les échanges commerciaux avec les colonies impliquent non seulement des entreprises israéliennes, mais également de puissantes multinationales étrangères bien connues de tous, déclare le responsable des actions de plaidoyer.

Selon le rapport de la coalition d’ONG, une dizaine d’entreprises considérées comme emblématiques sont mentionnées. Ces entreprises opèrent dans les secteurs du transport, du tourisme, de la finance et de la distribution alimentaire, sur la base de travaux de l’ONU et d’organisations indépendantes. En France, Carrefour est vivement critiqué pour avoir conclu en 2022, un accord de franchise avec Electra Consumer Products et sa filiale Yenot Bitan, « qui gèrent plusieurs magasins situés dans des colonies illégales», a souligné Louis-Nicolas Jandeaux. Simultanément, Carrefour bénéficie de financements d’une banque israélienne directement liée à l’expansion des colonies, et répertoriée par l’ONU pour son implication dans la colonisation, précise le responsable du plaidoyer chez Oxfam.

Interrogé par France Inter, le groupe Carrefour a affirmé que « le contrat de franchise interdit l’implantation de tout magasin dans les territoires occupés». Le groupe français affirme également ne pas avoir de lien direct avec la banque israélienne Hapoalim ou la startup israélienne Juganu, toutes deux accusées de soutenir la colonisation. Le Groupe Carrefour déclare ne pas avoir connaissance de ces entreprises et ne pas entretenir de relations contractuelles avec elles.

Du côté des ONG, on affirme que cette activité économique contribue à la colonisation. Elles soulignent qu’après avoir informé les entreprises de leurs recherches, certaines d’entre elles, telles que l’espagnole Opodo-eDreams ou la danoise Maersk, ont ajusté leurs pratiques concernant les colonies.

N'hésitez pas à nous suivre et à nous aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *