L’ADN en suspension dans l’air est une nouvelle méthode japonaise utilisée pour l’identification des criminels

Cette promesse devrait susciter l’intérêt des enquêteurs. Au début de l’année 2026, des chercheurs japonais ont acquis la capacité de prélever de l’ADN présent dans l’atmosphère. Un groupe de chercheurs de l’université de Gifu, située à proximité de Nagoya, se penche sur cette voie très prometteuse de l’ADN aérien. Actuellement, lors de l’arrivée de la police scientifique sur les lieux d’un crime, qu’il s’agisse d’un meurtre ou d’un cambriolage, son objectif est d’identifier des éléments matériels de nature biologique, fréquemment visibles, laissés par les délinquants. Il peut s’agir d’un cheveu égaré, d’un fragment de poil, d’une particule de peau sèche sur une poignée de porte, ou même d’un peu de salive ou de sang.
À lire >> Comptes publics : La France va emprunter la somme record de 310 milliards en 2026
Les enquêteurs collectent systématiquement ces éléments afin d’isoler l’ADN et de le confronter à celui des suspects éventuels. Cependant, leur tâche se complique considérablement en l’absence de telles traces. C’est à ce moment que les recherches des scientifiques japonais deviennent captivantes. Ils soutiennent que les organismes vivants, y compris les êtres humains, libèrent dans leur environnement, notamment dans l’atmosphère, de l’ADN appelé « environnemental », sous forme de particules de salive, qui demeurent en suspension dans l’air suite à des actions telles que la respiration en espace clos, la conversation, voire les éternuements. Cet ADN « environnemental » peut également correspondre à un fragment minuscule de peau, libéré lors d’un mouvement brusque ou lors de l’enfilage d’une veste.
Ces chercheurs japonais parviennent à détecter cet ADN aérien. L’équipe du professeur Atsushi Nagai s’est partiellement inspirée des dispositifs utilisés durant la pandémie de covid-19. Il s’agissait de dispositifs qui prélevaient l’air ambiant et le soumettaient à un processus de filtration afin de détecter la présence de particules virales du coronavirus. Dans ce cas, la situation est similaire. Ils ont doté un aspirateur puissant de filtres ultra-fins dans le but de purifier l’air d’une pièce. Les chercheurs collectent de cette manière tout l’ADN en suspension laissé par les individus ayant fréquenté la pièce dans les heures précédentes.
Ils réalisent par ailleurs des essais sans utilisation d’aspirateur, en inspectant les filtres des systèmes de climatisation. En cas de longue durée d’allumage, les filtres peuvent capturer l’ADN aérien résiduel provenant des individus ayant fréquenté la pièce. Il est ainsi envisageable de démontrer la présence d’un individu ayant refusé d’admettre sa présence sur les lieux et croyant être à l’abri car il portait des gants et une cagoule.
Les aspirateurs à ADN ne sont pas encore utilisés par les forces de l’ordre japonaises, bien que les chercheurs aient commencé à partager leurs travaux avec les enquêteurs. Les chercheurs soulignent la nécessité d’améliorer leurs méthodes de prélèvement et de se pencher sur la préservation de l’ADN aérien, car après quelques heures, en l’absence d’aspiration, celui-ci retombe au sol ou sur les surfaces des meubles. En se mêlant à la poussière, il devient plus difficile d’identifier le matériau.
