Appel national au blocage des prisons

Le syndicat Ufap-Unsa Justice, majoritaire chez les surveillants de prison, a lancé un appel national au blocage de l’ensemble des établissements pénitentiaires français pour le lundi 27 avril 2026. Ce mouvement, qualifié de « pire crise depuis 1992 » par certains observateurs, vise à alerter sur la surpopulation carcérale, le manque criant de personnel et la détérioration des conditions de travail dans les prisons françaises.
Les surveillants pénitentiaires dénoncent une situation devenue « incontrôlable » :
88 000 détenus pour environ 62 000 places disponibles, soit un taux d’occupation dépassant les 140 % dans certains établissements.
5 000 postes vacants dans toute la France, entraînant une surcharge de travail, des heures supplémentaires non compensées et des risques accrus pour la sécurité des agents et des détenus.
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Des conditions de détention indignes : matelas au sol, secteurs non couverts, agressions en hausse, et sentiment d’abandon généralisé parmi le personnel. Le syndicat exige un plan immédiat de recrutement, des mesures d’urgence pour réduire la surpopulation, et une amélioration des conditions de sécurité pour les agents.
Le blocage concernera toutes les prisons de France dès 6 h ou 7 h le 27 avril, avec des actions coordonnées pour paralyser les entrées et sorties des établissements. Plusieurs prisons, comme celles de Brest, Perpignan, Blois, et Rennes-Vezin, ont déjà confirmé leur participation.
Les surveillants appellent également à une mobilisation générale pour faire pression sur le ministère de la Justice, qu’ils accusent de mépris et d’inaction face à leurs revendications répétées.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a récemment mis en avant une hausse des expulsions de détenus étrangers (24 % de la population carcérale) comme moyen de lutter contre la surpopulation. Il a aussi annoncé l’ouverture de 3 000 places supplémentaires en prisons modulaires d’ici 2027, mais ces mesures sont jugées insuffisantes par les syndicats, qui réclament une réforme structurelle et un numerus clausus pour limiter le nombre de détenus.
Les syndicats et professionnels du monde pénitentiaire alertent depuis des mois sur un système à bout de souffle. Les blocages du 27 avril pourraient marquer un tournant dans la crise, avec un risque d’escalade si aucune solution n’est trouvée.
