Est-on arrivé à la guerre de l’eau ?

Est-on arrivé à la guerre de l’eau ?La France est à sec et la rareté de l’eau dans certains territoires engendre des incivilités. Quelque 400 m³ d’eau destinée à la lutte contre les incendies ont été volés dans un bassin de rétention en Ardèche, département en « vigilance renforcée » sécheresse, a rapporté Le Dauphiné le 4 août dernier. Des jacuzzis ont été éventrés à Gérardmer. Deux réserves d’eau pour l’agriculture ont été endommagées volontairement, sans perte d’eau, en Vendée dans la nuit de lundi à mardi. Des champs sont irrigués en dépit d’interdictions, des piscines privées difficiles à contrôler malgré les restrictions d’eau imposées…

Même si « la question de la propriété de l’eau est déjà une guerre à l’échelle mondiale », la France reste assez protégée par cette problématique, par ses ressources, ajoute Amandine Richaud-Crambes, ingénieure environnement urbaniste, contactée par 20 Minutes. D’autant qu’avec le changement climatique, « les choses vont commencer à être de plus en plus difficile, il faut s’y préparer et sensibiliser la population », ajoute-t-il à 20 Minutes.

En effet, cette sécheresse historique, la plus importante depuis 1959 (date du premier relevé météorologique), met en lumière la notion que l’eau n’est pas une ressource inépuisable, alors qu’elle est vitale. « Tandis que les personnes pensent que l’eau est un acquis et en abondance, on a négligé sa valeur, l’eau est un bien précieux, qu’il faut savoir gérer et bien partager, en pensant aussi aux générations futures », résume Abou Amani, Directeur de la division des sciences de l’eau à l’UNESCO. La situation actuelle en France est certes compliquée, mais surtout, n’a pas été anticipée. « C’est une belle piqûre de rappel qu’il faut s’adapter à des situations de sécheresse extrêmes et longues », pointe Franck Galland, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

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Et c’est un des aspects de l’utilisation de l’eau qu’il faut améliorer en France. Cette situation de sécheresse était connue depuis plusieurs mois, il existe des outils qui nous permettent de détecter la tendance de la situation à venir, « il faut alors prendre des actions en amont pour éviter de se retrouver pris de court », comme ça a été le cas aujourd’hui, juge Abou Amani.

La sanction est une solution, « comme pour la Sécurité routière, répond Franck Galland. » Le chercheur associé au FRS rappelle ainsi que la loi a été durcie en matière de vol d’eau, et plus particulièrement à propos des ouvertures sauvages de bouches d’incendies. Un phénomène appelé le «street-pooling » qui a été très répandu, notamment pendant la canicule de 2015 en Ile-de-France, puis en 2017, quand 500 bouches à eau avaient été vandalisées en une seule journée dans la région, occasionnant la perte de 150 000 mètres cubes d’eau.

Récupérer l’eau grise, c’est-à-dire l’eau usée qui est recyclée, au lieu de la verser dans les fleuves. « Il faut la réinjecter dans un circuit fermé, comme cela existe en Israël ou à Singapour », conseille Franck Galland.

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Aujourd’hui, seulement 0,6 % de nos eaux usées sont recyclées, contre 8 % en Italie et 14 % en Espagne, selon l’Office international de l’eau​ . En 2019, rapporte l’OIE, le gouvernement prévoyait de tripler d’ici à 2025 les volumes de ces eaux réutilisées, conduisant à valoriser uniquement 1,8 % des eaux usées traitées !

Commençons par interdire les piscines privées à moins de 30 km de point d’eau de baignade naturel comme un lac, la mer…

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