Selon une étude, les implants mammaires en silicone pourraient être associés au déclenchement de maladies auto-immunes

Selon une étude consultée par franceinfo le samedi 22 novembre, les implants mammaires en silicone émettent des particules qui induisent une réponse immunitaire et stimulent des marqueurs liés aux maladies auto-immunes. En France, 400 000 femmes sont porteuses de ce type de prothèse, fréquemment suite à un cancer du sein.
Cette recherche a été réalisée par des chercheurs de l’Institut de Science des Matériaux de Mulhouse en collaboration avec le CHU de Besançon et l’Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire. Les chercheurs ont effectué des prélèvements et des analyses de tissus péri-seins sur un échantillon de 43 patientes devant subir un remplacement de prothèses mammaires. La présence de microparticules de silicone ainsi que de cellules du système immunitaire, les macrophages, chargées de l’élimination des corps étrangers, a été mise en évidence par leur découverte.
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L’équipe a identifié également l’expression de plusieurs gènes liés à des pathologies auto-immunes telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou des inflammations chroniques. Ainsi, ils ont établi une corrélation entre la présence de silicone et la réponse immunitaire du patient.
Cependant, le Dr Isabelle Pluvy, responsable de l’étude, se montre rassurante. Selon elle, « la présence d’inflammation ne constitue pas nécessairement une maladie ». Elle souligne que toutes les patientes présentent un certain degré d’inflammation, lequel varie en intensité en fonction du type de prothèse utilisé et de son état. Elle souligne qu’il n’est pas nécessaire de s’en inquiéter. Toutefois, elle préconise de mettre en place un suivi régulier de ces implants afin de détecter toute évolution éventuelle vers ce type de pathologies.
Le Dr Pluvy nourrit l’espoir que sa trouvaille conduira à l’amélioration des implants mammaires en silicone, en vue de la conception d’une nouvelle version qui provoquera une moindre réaction du système immunitaire chez les patientes. La recherche, réalisée par un groupe pluridisciplinaire composé de chimistes, de biologistes et de médecins, a été publiée dans la revue Biomaterials. Les chercheurs préconisent une révision des essais cliniques antérieurs pour une meilleure appréhension de l’incidence de ces dispositifs sur la santé.