Plus de 80 députés réclament “l’interdiction de Shein sur le territoire français”

Plus de 80 députés réclament
Ce n’est pas tant la démocratisation de la mode qui est en jeu, mais plutôt la dédiabolisation de Shein. Un groupe de plus de 80 députés, dirigé par la présidente de la commission du Développement durable de l’Assemblée, Sandrine Le Feur (EPR), demande « l’interdiction de Shein en France » afin de « protéger les travailleurs, la santé publique et l’environnement ». Dans un article publié le dimanche 23 novembre dans La Tribune Dimanche, ces 83 parlementaires dénoncent le fait que « le visage le plus brutal de la fast fashion (…) s’octroie une respectabilité en surface », mais que cela ne peut dissimuler « les conséquences néfastes alors qu’il nuit à la planète, à nos emplois et à la santé des consommateurs ». Leur tribune, intitulée « Shein ne démocratise rien, il détruit tout », met en lumière ces préoccupations.

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Ils soutiennent qu’il est impératif de prendre une mesure : l’interdiction de la présence de Shein sur le territoire français, à la suite de l’implantation début novembre de cette marque asiatique au BHV, un grand magasin parisien. Les accusations portées à l’encontre du géant de la mode éphémère incluent des allégations de « concurrence déloyale » et de saturation du marché avec des “produits toxiques”. Conscients que le débat nécessite plus que de simples réactions indignées, les membres de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale ont convoqué les dirigeants de Shein afin d’examiner leurs pratiques. Les députés soulignent que les dirigeants de Shein avaient tenté d’éviter cette audition.

À l’origine planifiée pour le 26 novembre, la convocation a été reportée au 2 décembre par la plateforme d’e-commerce, qui a justifié son incapacité à respecter le premier rendez-vous en raison d’une audience judiciaire prévue le même jour. La plateforme est convoquée devant le tribunal judiciaire de Paris mercredi matin, dans le cadre d’une procédure engagée par le gouvernement. Cette convocation vise à obtenir la suspension du site en France, après la mise en lumière de la commercialisation de poupées sexuelles à l’apparence enfantine et d’armes de catégorie A.

Shein avait déjà refusé de se présenter à une audition le 18 novembre devant la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France, en mentionnant cette procédure judiciaire. De plus, une résolution européenne a été soumise cette semaine à l’Assemblée par des parlementaires de divers horizons politiques, à l’exception des groupes LFI, RN et UDR, demandant une approche plus stricte à l’égard de certaines plateformes. Son examen est prévu pour mercredi. Cette année, Shein a déjà été sanctionné en France par trois amendes d’un montant total de 191 millions d’euros, notamment pour des pratiques de fausses promotions et de diffusion d’informations trompeuses.

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