Une puce électronique afin de lutter contre la fraude à la vache en Corse
C’est la nouvelle arme de l’État contre la fraude aux primes à la vache en Corse. Une minuscule capsule en céramique contenant une puce électronique, assortie d’un numéro d’identification unique que doivent ingérer les vaches. Nom de code : « Bolus ».
Le passage d’un bâton de lecture permet ensuite d’identifier chaque bovin avec un numéro unique, conservé à vie. «Cette opération concerne l’ensemble du cheptel bovin en Corse, explique au Point David Le Sourne, animateur de ce projet au sein de la Draaf.
Ce système, indolore et sans risque pour les animaux, va permettre de mieux tracer les troupeaux, y compris pour des raisons sanitaires, dans une île où la tuberculose bovine circule et où l’élevage extensif compliqué le suivi des animaux. » Si ce dispositif existe déjà au Portugal ou en Espagne, la Corse est la seule région de France où il est déployé.
L’enjeu est de taille : à elle seule, la filière bovine corse capte 40 % des aides publiques dévolues dans l’île et le nombre d’éleveurs a bondi de 900 en 2015 à plus de 1 200 l’an dernier, pendant que la production ne cesse de décliner…
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En assurant une traçabilité des animaux, cette puce inviolable a pour vocation, indique la Draaf, de « prévenir d’éventuelles fraudes » et de lutter contre un autre fléau spécifique à l’île : la divagation, qui cause chaque année des dizaines d’accidents de la route et empoisonne le quotidien des villages.
L’État s’est enfin décidé à prendre le taureau par les cornes : pour équiper les quelque 40 000 bovins corses, la Draaf a recruté une vingtaine d’agents et investi près de 1 million d’euros. Le coût unitaire de ces puces – environ 2 euros – et leur mise en place, en plus des habituelles « boucles » sur les oreilles, sont intégralement pris en charge par l’État.
