Fausse information sur Brigitte Macron

Fausse information sur Brigitte Macron
Brigitte Macron

« C’est un homme ! » L’influenceuse complotiste américaine Candace Owens a ainsi exprimé sa joie, clamant « Nous avons gagné !» dans une vidéo diffusée le 10 juillet. Elle réagissait à une décision de la justice française, la cour d’appel de Paris ayant relaxé Natacha Rey et la voyante Amandine Roy, poursuivies pour diffamation par Brigitte Macron et son frère Jean-Michel Trogneux.

Natacha Rey est à l’origine d’une fausse rumeur selon laquelle Brigitte Macron serait une femme transgenre, née sous l’identité de son frère. Cette théorie, qu’elle a développée lors d’une longue interview sur la chaîne YouTube de la voyante en 2021, a largement contribué à sa notoriété. Depuis, cette infox a circulé dans les milieux complotistes français et au-delà, notamment grâce à l’engagement de Candace Owens.

À lire >> Droits de douane : “Sans accord, l’Europe devra prendre des mesures réciproques”

Pour certains, la décision de la cour d’appel de Paris est perçue comme une validation des affirmations de Natacha Rey. Son avocat, Me Françoiss Danglehant, a même déclaré dans une vidéo sur Twitter X : « La cour d’appel de Paris a donc validé les travaux, les recherches, les analyses réalisées seules par Natacha Rey. » Cependant, cette interprétation est erronée.

En réalité, affirmer que la cour d’appel a validé la théorie selon laquelle Brigitte Macron serait une femme transgenre et inexacte. Un procès en diffamation ne vise pas à établir la véracité des propos tenus, mais à déterminer si ces propos ont porté atteinte à l’honneur de la personne concernée.

La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse stipule que « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé et une diffamation. » La cour d’appel devait donc évaluer si les accusations portées contre Brigitte Macron, particulièrement celles-là qualifiant de femme transgenre ou de menteuse sur son état civil, étaient diffamatoires.

Pour éviter une condamnation, une personne poursuivie pour diffamation a trois options : contester la légitimité des poursuites, prouver la véracité de ses propos, ou invoquer sa bonne foi, c’est-à-dire démontrer qu’elle n’avait pas d’intention malveillante et qu’elle agissait dans l’intérêt général avec des preuves qu’elle croyait suffisantes. Dans ce cas, ni Natacha Rey ni Amandine Roy n’ont invoqué l’excuse de vérité.

À consulter >> La France insoumise propose de désarmer les polices municipales

La cour d’appel a examiné les 18 propos reprochés aux deux femmes et a conclu que 17 d’entre eux ne constituaient pas de la diffamation au sens légal. Cependant, elle a jugé que les deux femmes avaient bien diffamé Brigitte Macron en l’accusant de détournement de mineur, en référence à l’âge d’Emmanuel Macron lors de leur première rencontre.

Néanmoins, la cour a également reconnu leur bonne foi, car elles s’appuyaient sur des articles de presse mentionnant l’âge du futur président à cette époque. C’est sur cette base que Natacha Rey et Amandine Roy ont été relaxées. Il est important de noter que la cour n’a jamais affirmé qu’elles avaient raison, et sa décision ne valide en rien leurs affirmations.

Me Jean Ennochi, l’avocat de Brigitte Macron et de Jean-Michel Trogneux, conteste fermement cette décision, estimant que les deux femmes devraient être condamnées pour diffamation. Selon des informations de franceinfo, il a décidé de se pourvoir en cassation.

N'hésitez pas à nous suivre et à nous aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *