Le gouvernement ne souhaite pas de renationalisation les autoroutes

Le gouvernement ne souhaite pas de renationalisation les autoroutes
Le gouvernement a affirmé que le choix de renouveler les concessions autoroutières est motivé par des considérations pragmatiques et un besoin financier. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a confirmé sur Franceinfo le 10 juillet qu’aucune renationalisation des autoroutes, comme le réclame la gauche, n’est envisagée. Il a annoncé son intention d’inscrire dans un projet de loi, prévu pour décembre, le principe d’un renouvellement des concessions en cours.

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En effet, les sept principaux contrats de concession arriveront à échéance dans les prochaines années, le premier étant celui de la Sanef, qui gère des axes majeurs comme l’A1 Paris-Lille et l’A4 Paris-Strasbourg, et qui se termine fin décembre 2031. Le dernier contrat, celui d’Aréa, qui opère en Auvergne-Rhône-Alpes, expirera en septembre 2036.

Ces contrats, signés dans les années 1960 lors de la construction du réseau autoroutier, ont été renouvelés par des avenants sans appel d’offres. Cette fois, l’État espère une renégociation sérieuse avant le renouvellement, avec des conditions plus strictes, visant à générer 2,5 milliards d’euros supplémentaires par an grâce aux péages. Philippe Tabarot a précisé : “Je souhaite une clause de révision tous les cinq ans, des concessions plus réduites avec un périmètre plus pertinent et des augmentations de péages limitées, tout en permettant de dégager environ 2,5 milliards par an pour financer d’autres modes de transport. Cela me semble équilibré, juste et solidaire.”

Cette décision a été saluée par des acteurs du secteur des transports, notamment Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, qui met en garde depuis des années contre le risque de dégradation du réseau ferroviaire français sans des investissements supplémentaires pour l’entretien et la modernisation.

Cependant, ce projet suscite des critiques. Certains y voient un cadeau aux sociétés d’autoroutes, telles que Vinci ou Eiffage, souvent accusées de réaliser des superprofits. Une analyse plus nuancée est fournie par le dernier rapport de l’Autorité indépendante de régulation des transports, qui estime le taux de rentabilité interne des sept grandes sociétés d’autoroutes privées à approximativement 7,9 % depuis le début de leurs concessions, contre 7 % pour un investissement de ce type à long terme, ce qui représente un écart jugé non significatif.

L’Autorité souligne également que l’état d’entretien des autoroutes est « objectivement bon », bien meilleur que celui des routes nationales et bien classées à l’international. Bien qu’elle ne se prononce pas directement sur la question, elle semble favorable à des concessions de durée plus courte à l’avenir, avec davantage de clauses, comme le préconise Philippe Tabarot.

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