Nucléaire iranien : la menace de sanctions

Nucléaire iranien : la menace de sanctions
Les tensions entre l’Europe et Téhéran s’intensifient. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, regroupés au sein du groupe E3, ont mis en demeure l’Iran de fournir des garanties concernant son programme nucléaire. Une réunion de travail, prévue le mardi 26 août à Genève, a rassemblé les directeurs politiques de ces pays, sans la présence des ministres des Affaires étrangères. Ces discussions, qualifiées de préparatoires, interviennent alors que le temps presse, selon le ministère français des Affaires étrangères.

À consulter >> L’ONU demande l’arrêt les « représailles » américaines

Récemment, la troïka européenne a averti l’Iran qu’en l’absence d’une solution négociée d’ici à la fin du mois d’août, elle rétablira les sanctions de l’ONU, suspendues en 2015 lors de l’accord de Vienne sur les activités nucléaires iraniennes. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé qu’il suffirait d’une simple lettre pour rétablir l’embargo mondial sur les armes, les équipements nucléaires, ainsi que sur les banques et les assurances. L’Iran conteste cette autorité des Européens et cherche à renforcer ses alliances avec la Chine et la Russie, également signataires de l’accord de Vienne. Le retour des sanctions pourrait aggraver la situation économique d’un pays déjà en difficulté, confronté à une inflation de 50 % et à des pénuries d’eau et d’électricité.

Les Européens espèrent éviter le rétablissement des sanctions et souhaitent plutôt trouver des moyens de contrôler le programme nucléaire iranien. Téhéran a porté son enrichissement d’uranium à 60 %, bien au-delà des 3,67 % stipulés par l’accord de Vienne, s’approchant ainsi d’une utilisation militaire. Pour surveiller les intentions de l’Iran, il est essentiel que le régime rétablisse l’accès des inspecteurs de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, dont les relations ont été rompues suite aux frappes israéliennes et américaines de juin dernier. De plus, des négociations avec les États-Unis doivent reprendre.

Cinq cycles de pourparlers ont eu lieu en avril et mai derniers, avec un objectif fixé par Donald Trump de conclure un accord en deux mois, délai qui a expiré le 12 juin. Dans la nuit du 12 au 13 juin, Israël a bombardé des cibles militaires et nucléaires en Iran, suivi par des frappes américaines sur des sites nucléaires dans la nuit du 21 au 22 juin. Cette « guerre des 12 jours» a mis un terme aux discussions.

Fin juillet, les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions sur l’Iran, visant des navires pétroliers et des porte-conteneurs contrôlés par le fils d’un proche conseiller de l’ayatollah Khamenei, affirmant ainsi leur détermination à ne pas relâcher la pression.

Parallèlement, Donald Trump a déclaré que les frappes américaines avaient complètement détruit les installations nucléaires iraniennes. Le chef du renseignement militaire a été limogé après avoir estimé dans un rapport que la capacité de l’Iran à développer une arme nucléaire n’avait été que retardée de quelques mois. Si tout est effectivement détruit, comme l’affirme le président américain, quel intérêt y aurait-il encore à négocier ? Trump pourrait être tenté de revendiquer un accord avec l’Iran, dans l’espoir d’obtenir le prix Nobel de la Paix. Cependant, pour engager des discussions, il faut deux parties. Le dimanche 24 août, l’ayatollah Khamenei a publiquement rejeté toute négociation directe avec les États-Unis.

N'hésitez pas à nous suivre et à nous aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *