Le procureur de Marseille réclame un renforcement des effectifs d’enquêteurs pour “attaquer le narcotrafic”

Devant l’émergence d’une « contre-société » liée au trafic de drogue à Marseille, le procureur Nicolas Bessone préconise un accroissement des ressources humaines dédiées aux enquêtes. Le procureur, invité sur France Inter le lundi 17 novembre après le décès du frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, à Marseille jeudi dernier, a mis en avant le fait que le trafic de drogue représente une menace significative et sérieuse pour les institutions.
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Nous devons contenir et diminuer ce phénomène car il opère de façon systémique. Il s’agit d’une forme de société alternative à laquelle nous sommes confrontés. Ainsi, selon Nicolas Bessone, il est impératif que les autorités publiques réagissent de manière systémique à ces défis.
« À Marseille, nous sommes inévitablement un lieu d’expérimentation, où nous cherchons à appliquer des méthodes innovantes. Par exemple, l’un des nouveaux aspects de ce trafic de drogue, caractérisé par des ressources financières illimitées, réside dans la tentative de corruption des autorités publiques. Grâce aux renforts qui m’ont été alloués, j’ai établi une cellule anticorruption au sein du parquet de Marseille afin d’aborder la problématique de manière transversale et de tenter de démanteler ces réseaux cherchant à nous corrompre », explique-t-il.
Cependant, selon le procureur, ces efforts et les opérations de « place nette » ne sont pas adéquats. Il souligne qu’un défi majeur pour l’avenir est de renforcer les capacités judiciaires de la Police nationale. Il met en avant le manque d’effectifs pour mener des enquêtes approfondies et complexes visant à démanteler les réseaux de blanchiment d’argent, malgré la qualité exceptionnelle des policiers.
