La France est sur le point de se doter d’un nouvel engin de plongée sous-marine
Dans le domaine aéronautique, les planeurs, dépourvus de moteur, exploitent les courants aériens pour leur propulsion, comme des dispositifs analogues peuvent se déplacer dans le milieu aquatique. Il est alors question de planeurs sous-marins. Les scientifiques recourent à la technologie pour explorer les fonds marins jusqu’à une profondeur de 1 000 mètres. Cependant, la France s’apprête à acquérir un planeur capable d’atteindre des distances encore plus grandes.
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Ces dispositifs présentent une similitude avec des fusées en version miniature. Au lieu d’utiliser des moteurs ou des hélices pour la propulsion sous-marine, ces engins se déplacent en modulant leur poids à l’aide d’une pompe intégrée dans la coque. Selon Laurent Béguery, responsable scientifique chez Alseamar, une entreprise spécialisée dans la fabrication de planeurs sous-marins, l’engin peut devenir plus lourd grâce à un ballast, un réservoir d’eau, ce qui lui permet de descendre très lentement.
Le planeur convertit « la composante verticale de sa vitesse de descente en une composante horizontale ». Ensuite, il exploite la force de portance d’Archimède pour s’élever, comme l’explique le chercheur. Ainsi, il réajuste un ballast et, à chaque remontée en surface, il nous contacte via un téléphone satellite afin de déterminer les actions à entreprendre après ses plongées.
Ces véhicules peuvent voyager sur de longues distances, couvrant des milliers de kilomètres en toute autonomie sur une durée de plusieurs mois. Cependant, les dispositifs actuels sont limités à une profondeur maximale de 1 000 mètres. Ainsi, l’Ifremer, institut spécialisé dans la recherche océanographique, a récemment passé commande d’un nouvel équipement dans le cadre de l’initiative France 2030.
Pour la société Alseamar, il s’agit d’un nouveau défi technique : La conception de la coque, devant résister à la pression, sera réalisée de manière innovante. Diverses technologies sont en cours d’exploration, parmi lesquelles les fibres de carbone. Selon les explications de Laurent Béguery, cela permet d’obtenir une coque en même temps résistante et légère.
La conception d’un planeur pouvant atteindre une profondeur de 3 500 mètres constituerait une innovation inédite en France. Une perspective qui suscite l’enthousiasme de Jean-Marc Daniel, directeur général délégué de l’Ifremer. L’objectif est d’utiliser des équipements plus légers, aptes à effectuer des mesures en biologie et en physique océanique. Il explique que des moyens plus légers que les gros navires actuellement utilisés sont envisagés. Selon ses dires, il serait possible de recourir à des ressources importantes de manière ciblée, uniquement en cas de réel besoin et sur des zones préalablement identifiées.
L’une des premières tâches assignées à ce planeur est d’observer un volcan sous-marin à Mayotte d’ici 2030. Découvert en 2018, ce volcan a été associé à des activités sismiques. Pour le moment, on observe une diminution de son activité sismique, bien qu’il continue de présenter des mouvements. Cependant, il reste actif concernant les fuites de fluides. Jean-Marc Daniel indique qu’il convient de surveiller l’évolution de cette activité afin de déterminer si des signes précurseurs d’une éruption volcanique pourraient apparaître. Il garantit que ce nouveau planeur sera donc employé « pour des missions de sécurité civile ». Avant de lancer cette campagne à Mayotte, l’engin subira des tests en mer Méditerranée durant les prochaines années.