On ne va pas pouvoir manger du 100% européen comme le demande le premier ministre

Lors de sa visite dans une exploitation agricole de l’Eure, le Premier ministre Sébastien Lecornu a exprimé le vendredi 30 janvier son souhait que les approvisionnements en produits agricoles et alimentaires pour la restauration collective relevant de l’État proviennent uniquement de l’Union européenne.
À consulter >> Le spectacle de l’humoriste Ary Abittan de nouveau perturbé
Après cette déclaration, le syndicat des Jeunes agriculteurs souligne l’importance de résoudre la question de la souveraineté alimentaire avant de pouvoir garantir une consommation exclusivement européenne ou française. C’est la réaction de Quentin Le Guillous, secrétaire général des JA et agriculteur céréalier, lors de son intervention sur franceinfo le samedi 31 janvier. Le syndicaliste ne considère pas l’annonce du Premier ministre comme une tentative d’apaiser les agriculteurs mécontents, mais plutôt comme une mesure de bon sens visant à sensibiliser à la nécessité de revitaliser les régions. Il souligne l’importance pour l’État de donner l’exemple en achetant des produits de qualité, tout en soulevant les limites de cette proposition.
Selon Quentin Le Guillous, il y a actuellement une pénurie d’aliments tels que les œufs, le poulet et les fruits, pour lesquels le pays est un importateur net. Cependant, il considère que la mise en œuvre du circuit court est généralement bien exécutée dans « les collectivités, les écoles, les collèges » qui parviennent à progresser et à montrer l’exemple. D’après lui, le principal souci réside dans les hôpitaux, les universités et les services de l’armée.
Ces services de l’État sont caractérisés par la présence de plats préparés et de coopératives importatrices de produits tels que des poulets du Mercosur ou des œufs d’Ukraine. Ces aliments sont destinés à être utilisés dans la préparation de plats rapides et bon marché, une pratique que Quentin Le Guillous estime nécessaire de modifier.
