Israël annonce l’annexion de nouvelle terre sur la Cisjordanie

L’Organisation des Nations unies, ainsi que plusieurs pays arabes et l’Union européenne, ont critiqué la décision prise par le gouvernement israélien le dimanche 15 février, concernant de nouvelles mesures foncières qui renforcent son emprise sur la Cisjordanie. Cette récente initiative alimente les craintes d’une éventuelle annexion du territoire palestinien. Une semaine après l’approbation d’un texte visant à faciliter l’acquisition de terre par les colons, le gouvernement a décidé d’accélérer la procédure d’enregistrement foncier en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967.
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Le ministère israélien des Affaires étrangères a expliqué que cette mesure avait pour objectif de rationaliser les processus d’enregistrement foncier, facilitant ainsi une clarification exhaustive et transparente des droits de propriété en vue de résoudre les contentieux juridiques. Il a reproché à l’Autorité palestinienne d’entreprendre des « procédures d’enregistrement foncier illégales » dans des zones normalement placées sous souveraineté israélienne selon les accords d’Oslo.
La récente mesure prévoit le financement de 244 millions de shekels (environ 67 millions d’euros) pour une initiative visant à régulariser les titres de propriété dans la zone sous contrôle israélien en Cisjordanie, qui couvre environ 60 % du territoire. Cette initiative a été expliquée par l’ONG israélienne La Paix maintenant, connue pour opposer la colonisation. Selon l’organisation non gouvernementale, cette démarche pourrait entraîner la dépossession de Palestiniens de terrains sur lesquels ils résident, mais pour lesquels les titres de propriété ne sont pas réellement définis, afin de les enregistrer au nom de l’État d’Israël.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exhorté Israël à annuler immédiatement ces mesures, qualifiées de non seulement déstabilisantes, mais également, comme l’a souligné la Cour internationale de justice, illégales. L’Autorité palestinienne a vivement condamné la récente décision et a rejeté catégoriquement toute tentative de désigner des terres en Cisjordanie comme étant un « territoire public » sous le contrôle de la force d’occupation. L’Arabie saoudite a quant à elle condamné une violation « des initiatives visant à promouvoir la paix et la stabilité dans la région ». L’Égypte a critiqué une « escalade dangereuse » tandis que le Qatar a jugé que ces actions équivalaient à « une extension des efforts visant à priver le peuple palestinien de ses droits ». La Commission européenne a mis en garde contre l’illégalité de l’annexion au regard du droit international et a appelé Israël à revenir sur cette décision.
