Le renard, est un opportuniste, si c’est bien clos, il n’ira pas

Chaque année en France, plus de 2 millions d’animaux considérés comme nuisibles sont euthanasiés. Le renard est ainsi considéré. Une récente étude scientifique a révélé que le coût de la régulation de ces espèces dépasse largement les dommages qu’elles causent : le coût pour les éliminer s’élève à plus de 100 millions d’euros par an, tandis que les dégâts occasionnés sont estimés de 8 à 23 millions d’euros.
On peut le retrouver aussi bien à la campagne qu’en milieu urbain. Parfois, le renard peut causer des dommages, comme cela a été le cas chez une éleveuse de poulets de Bresse à Courlaoux, dans le Jura. Il y a quelques jours, elle a enregistré cette scène. Pauline Badin relate : « J’ai observé qu’il longeait le grillage dans le but de repérer une faille pour s’introduire. » Craignant qu’il ne s’en prenne de nouveau à ses animaux. Selon elle, le renard est indubitablement préjudiciable et doit être éliminé. « Pendant l’été, j’ai constaté la disparition de 100 poulets sur un total de 700, tous emportés par des renards. » Ainsi, il s’agit d’une perte économique significative personnellement, s’élevant de 2 500 à 3 000 euros. Elle avance que cette attaque était d’une grande envergure, mais elle souligne sa fréquence quasi hebdomadaire.
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En France, environ 2 millions de renards peuplent le territoire de manière stable, et 500 000 d’entre eux sont abattus annuellement. Étant répertorié sur la liste des espèces nuisibles, l’animal est susceptible de causer des dommages. En tant que tel, il peut être capturé par des chasseurs autorisés tels que celui-ci. Lorsqu’un animal marche sur le piège, la porte se referme, explique Christian Lagalice, président de la Fédération de chasse du Jura et piégeur agréé, pour illustrer le fonctionnement de l’appareil. Une fois appréhendé, l’animal est euthanasié puis inhumé en milieu forestier, une pratique soumise à une réglementation stricte. Les individus chargés de la capture sont bien sûr identifiés. Il explique qu’il existe des plages horaires dédiées à la mise en place et à la récupération des pièges.
Cependant, d’après une étude récente, les coûts liés à l’abattage de ces renards, comprenant les frais matériels et de carburant, s’avèrent être près de six fois supérieurs aux dommages causés par ces animaux. Selon ces défenseurs de l’environnement, la stratégie la plus efficace pour réduire les dommages consiste à renforcer la protection des poulaillers. Des études ont démontré que dans les cas où les élevages, qu’ils soient amateurs ou professionnels, étaient pourvus d’une bordure en ciment et d’un grillage en hauteur, le risque d’intrusion de renards pour s’emparer des poules était nul. Le renard est caractérisé par son opportunisme. S’il lui est permis d’aller chercher des œufs, il le fera. « Si le parc est correctement clôturé, l’animal ne pourra pas s’en échapper », conseille Patrice Raydelet, membre de l’association « Pôle Grands Prédateurs ».
Il peut également proposer d’autres services : comme charognard, il se comporte comme une renarde observée par l’association, se nourrissant des restes d’un sanglier, ce qui en fait un agent de nettoyage environnemental capable de limiter la propagation des maladies. Sa capacité à consommer une variété d’aliments, souvent délaissés par les humains, lui permet de contribuer à la dépollution. Ainsi, en consommant annuellement de 5 000 à 6 000 rongeurs, notamment des campagnols, l’animal contribue à restreindre la propagation de la maladie de Lyme, soutient Mickaël Paul de l’association « Pôle Grands Prédateurs ».
Ils ont initié, en collaboration avec six autres organisations, une pétition visant à exclure le renard de la liste des espèces considérées comme nuisibles, laquelle doit être révisée à l’été 2026 pour une période de trois ans.
