La Chine menace l’Union européenne de rétorsion

Le 27 avril, la Chine a exprimé la possibilité de mettre en place des actions contre l’Union européenne (UE) si celle-ci adopte une loi sur la réindustrialisation de l’Europe sans tenir compte des points de vue chinois. Le projet de loi sur l’« accélération industrielle », dévoilé le 4 mars par la Commission européenne, organe exécutif de l’Union européenne, devra recevoir l’approbation des États membres ainsi que du Parlement européen.
A consulter >> 315 bovins saisis dans une exploitation en Moselle par l’OABA
Selon l’un des vice-présidents de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, les entreprises opérant dans des secteurs considérés comme stratégiques devraient être tenues de se conformer à une exigence stipulant l’utilisation d’un certain nombre ou pourcentage de composants critiques d’origine européenne lorsqu’elles reçoivent des financements publics. Le projet vise à affecter l’industrie automobile, les technologies d’énergies décarbonées telles que les panneaux solaires, les batteries, les pompes à chaleur, et les centrales nucléaires, ainsi que les industries lourdes. Lors de la présentation du plan, il a été souligné que l’objectif est de ramener la part de l’industrie à 20 % du PIB européen d’ici 2035, comparé à son niveau actuel de 14 %.
Dans un communiqué officiel, le ministère du Commerce chinois a fait part de ses commentaires soumis à la Commission le 24 avril, exprimant ainsi ses « graves préoccupations ». Le ministère a souligné que la Chine suivra de près le processus législatif et se tient prête à engager un dialogue. Il a averti que si l’Union européenne ne tient pas compte des suggestions de la Chine et persiste à faire adopter le texte, ce qui pourrait nuire aux intérêts des entreprises chinoises, la Chine sera contrainte de prendre des contre-mesures.
Selon le ministère chinois, le texte impose diverses limitations sur les investissements étrangers dans quatre secteurs clés en émergence, à savoir les batteries, les véhicules électriques, le photovoltaïque et les matières premières cruciales. De plus, il introduit des clauses d’origine exclusivement pour l’Union européenne dans les appels d’offres publics et les politiques de soutien public. Le ministère affirme que les investisseurs chinois seront confrontés à une forme de discrimination.
