Où en est la livraison des 30 000 climatiseurs promis aux hôpitaux pendant la canicule ?

Où en est la livraison des 30 000 climatiseurs promis aux hôpitaux pendant la canicule ?
Climatiseur mobile Image dillustration

« Priorité totale. » Après la canicule de juin, le gouvernement a débloqué 100 millions d’euros pour adapter les établissements de santé à la chaleur et acheter 30 000 climatiseurs mobiles. Prise en urgence, cette mesure devait permettre la livraison des 10 000 premiers appareils « cette semaine », d’après le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale le mardi 7 juillet. Vendredi, 7 500 climatiseurs mobiles avaient été livrés, selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Elle a annoncé que la semaine prochaine, au 15 juillet, il y en aura 15 000, puis 21 000 le 21 juillet, lors d’un déplacement à Limoges.

Le plan Orsec « chaleurs extrêmes » a été activé pour la première fois en France vendredi dans les départements en vigilance rouge à la canicule, mais la situation est contrastée sur le terrain. À l’AP-HP, les premières commandes de climatiseurs mobiles ont été précédées de la mise en place du dispositif gouvernemental. Dès le début de la canicule, l’établissement a commandé 1 800 appareils. Au CHU d’Amiens, Force ouvrière affirme que les achats ont été effectués par la direction. Un représentant syndical précise : « Les acquisitions ont été faites par l’hôpital. »

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Cette situation est courante. Dans un reportage de « L’Œil du 20 heures », plusieurs établissements ont trouvé des solutions d’approvisionnement en utilisant leurs centrales d’achat ou directement chez les fournisseurs. Leroy Merlin fournit 1 900 climatiseurs, tandis que le député LR Philippe Juvin, ancien anesthésiste-réanimateur à l’AP-HP, en obtient 450 grâce à son réseau.

Les syndicats décrivent un déploiement incertain. La CGT Santé dit que les établissements achètent les appareils eux-mêmes et manquent de visibilité sur les livraisons. « Nous sommes sur une liste. » « Rodolphe Verger, membre de la direction nationale du syndicat, évoque l’incertitude des réceptions. » Il pense que peu d’appareils ont été livrés. Les hôpitaux peuvent-ils vraiment compter sur le gouvernement pour s’approvisionner ?

Pour ces climatiseurs, une commande nationale doit d’abord passer par les marchés publics. Peu de jours après l’annonce gouvernementale, un avis est publié dans le BOAMP. Le Resah lance un appel d’offres le 5 juillet pour des climatiseurs mobiles et des ventilateurs dans le secteur sanitaire et médico-social.

Le Resah agit dans un contexte de « pénurie » : les fournisseurs ont des stocks limités et des délais de réapprovisionnement longs, jusqu’à l’automne. La centrale d’achat veut sécuriser des stocks pour livraison à partir du 1ᵉʳ août.

En procédure accélérée, l’avis de marché prévoit une enveloppe de 55 à 110 millions d’euros HT. Les prévisions indiquent : 35 000 climatiseurs mobiles de 7 000 à 8 000 BTU, 65 000 climatiseurs de 9 000 à 10 000 BTU, et environ 200 000 ventilateurs. Approximativement 100 000 climatiseurs pourraient être achetés. Bien plus que les 30 000 appareils annoncés par le gouvernement.

Ce marché ne justifie pas les premières livraisons prévues début juillet. Les entreprises ont jusqu’au 20 juillet pour déposer leurs offres, pour des livraisons en août. Cet appel d’offres peut expliquer la préparation d’un approvisionnement massif à moyen terme, mais ne semble pas être la cause des premiers appareils livrés aux établissements de santé après les mots de Sébastien Lecornu.
Le gouvernement parle du financement, pas de la livraison.

Le ministère de la Santé explique que l’État ne livre pas directement les climatiseurs aux établissements.

Les centrales d’achat ont sécurisé des capacités d’approvisionnement en climatiseurs. Les établissements de santé passent leurs commandes auprès de fournisseurs ou via une centrale d’achat. Le bureau de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

Le ministère indique que les 10 000 climatiseurs mentionnés par Sébastien Lecornu pour une livraison début juillet correspondent aux volumes en cours d’acheminement ou prévus très prochainement. Sans préciser leur répartition dans les établissements de santé.

Selon la CFDT Santé, le gouvernement parle du financement des climatiseurs mobiles, pas de leur livraison. Les établissements commandent les appareils, puis déterminent la part des dépenses remboursables dans l’enveloppe annoncée. Le montant dépendra du volume des commandes et des dépenses de chaque établissement, pouvant être remboursé dans le cadre du dispositif de l’État, selon l’AP-HP.

Le dispositif du gouvernement n’est pas une commande nationale de climatiseurs, mais un moyen pour les établissements de s’approvisionner rapidement avec un soutien financier de l’État. Il est difficile de préciser la correspondance exacte des 30 000 climatiseurs cités par Sébastien Lecornu. S’agit-il d’appareils déjà commandés ou d’une capacité d’approvisionnement sécurisée par les centrales d’achat ? Matignon n’a pas répondu à franceinfo.

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Les syndicats soulignent le décalage entre l’urgence climatique et la mise en œuvre du dispositif. La CGT Santé et d’autres représentants du personnel jugent les appareils insuffisants et tardifs face à la canicule. La CFDT Santé critique une réponse plus réactive qu’anticipée.

D’après le syndicat, acheter beaucoup de climatiseurs mobiles résout un problème immédiat mais n’est pas une stratégie durable contre la chaleur. La CFDT met en avant les risques de « surcoût » dus à la pénurie, les limites des appareils parfois inadaptés en milieu hospitalier, et demande une cartographie des établissements les plus exposés ainsi qu’un plan de rafraîchissement à long terme.


(Article reformulé à l’aide d’IA)

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