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Des médias “bannis” de la Maison Blanche : cela peut-il se produire en France ?

Des médias
Est-ce qu’un chef d’État a le pouvoir, à l’instar des États-Unis, d’exclure des journalistes qui ne correspondent pas à ses attentes ? Depuis le jeudi 24 septembre, les journalistes de CNN, MS NOW et Politico ont été réautorisés à entrer à la Maison Blanche, six jours après avoir été exclus par Donald Trump. Le 18 septembre dernier, le président américain a ordonné de manière immédiate le blocage des accréditations de trois médias américains, qu’il juge avoir une couverture systématiquement défavorable et qu’il accuse de diffuser des fausses informations.

En raison de ces motifs non fondés, un magistrat a décrété la réinstauration de leur accréditation en vertu du premier amendement de la Constitution américaine, lequel assure la liberté de la presse aux États-Unis. Quelle est la situation en France ? Est-ce qu’Emmanuel Macron peut refuser d’être suivi par un média en particulier ?

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En France, conformément à la liberté de la presse établie par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 ainsi que par la loi de 1881 du même nom, les journalistes ont le droit d’entrer à l’Élysée et de couvrir les déplacements du président en France et à l’étranger, sous réserve d’obtenir une accréditation.

Un petit groupe de journalistes, généralement moins de dix, employés par les principales agences de presse telles que l’AFP ou Reuters, ainsi que quelques photographes, bénéficient d’une accréditation permanente. Cela leur permet d’avoir un accès continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à la salle de presse située dans la cour d’honneur de l’Élysée. Chaque individu doit obtenir une autorisation spécifique délivrée par l’Élysée. Selon les directives présidentielles, tout professionnel de l’information désirant obtenir une accréditation pour un événement à l’Élysée doit se conformer à la date limite d’accréditation et posséder une carte de presse valide.

Par souci de respect envers la Constitution, les présidents ne limitent pas l’entrée des journalistes, comme le souligne Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande et professeur à Sciences Po. « L’opacité qui caractérisait le début de la Vᵉ République a progressivement cédé la place à une relation plus contemporaine avec les médias, notamment sous les présidences de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. Ensuite, chacun met en pratique selon sa propre approche », précise-t-il. « Bien qu’Emmanuel Macron ait adopté une position peut-être plus ferme, que ce soit dans ses discours ou avec son initiative de déplacer la salle de presse de la cour d’honneur de l’Élysée, il n’a jamais écarté aucun journaliste », affirme Gaspard Gantzer.

À l’exception des médias russes RT France et Sputnik, qui ont été privés d’accréditation par l’Élysée en raison des soupçons d’ingérence étrangère, ces derniers ont été temporairement puis définitivement exclus, suite à leur interdiction de diffusion au sein de l’Union européenne en 2022. Selon les déclarations, « Russia Today et Sputnik ont été des organes de propagande et d’influence diffusant des informations mensongères pendant ma campagne ». Lors d’une conférence de presse tenue le 29 mai 2017 en compagnie de Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a expliqué sa décision en déclarant qu’il estimait qu’ils n’étaient pas légitimes pour être présents à son quartier général.

Selon Gaspard Gantzer, il est à la discrétion du président de décider avec qui il accepte de réaliser une interview, étant donné que les journalistes sont également en quête d’exclusivité. L’Association de la presse présidentielle a pour mission de garantir « une égalité d’accès pour tous les journalistes aux événements présidentiels, qu’ils se déroulent à l’Élysée, en France ou à l’étranger ». Elle s’assure en particulier que les pools de presse, qui consistent en un groupe restreint de journalistes, notamment pour la radio et la télévision, chargés de couvrir un événement au nom de l’ensemble de la profession, ne soient pas systématiquement constitués des mêmes organes de presse.

Le président de l’Association de la presse présidentielle et chef du service politique de franceinfo, Jean-Rémi Baudot, souligne que les pools, qui devraient demeurer une pratique exceptionnelle, sont devenus systématiques. De son côté, Gaspard Gantzer estime que l’usage des pools est devenu de plus en plus indispensable avec la prolifération des médias. Cependant, les déplacements sans la présence des médias, une pratique à laquelle Emmanuel Macron a souvent recours, devraient demeurer rares.

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Ces dernières années, on a observé une tendance croissante à éloigner les journalistes au profit de la communication présidentielle, notamment à travers des déplacements sans presse, des avertissements de dernière minute, ou en tenant les journalistes à l’écart du président de la République, déplore Jean-Rémi Baudot. Après s’être rendu dans le Doubs et l’Aisne, le président Emmanuel Macron était aujourd’hui dans l’Yonne, assumant de ne pas être accompagné par des journalistes. En mars 2025, l’Association de la presse présidentielle a dénoncé le fait que cela devienne une habitude, affirmant refuser cette pratique. La présence des médias est une nécessité pour assurer la transparence envers les citoyens.

Par ailleurs, le président Emmanuel Macron accorde de plus en plus d’importance aux nouveaux médias en ligne tels qu’Hugo Décrypte, auquel il a accordé une interview en septembre 2023, ou Brut, largement présent lors des déplacements présidentiels, comme l’a souligné un article du journal Le Monde datant du 24 avril dernier. Le président de l’Association de la presse présidentielle, Jean-Rémi Baudot, fait remarquer que cette association a été établie en 1928 dans le but d’empêcher le président de favoriser un journaliste ou un média, et que près d’un siècle plus tard, cette préoccupation demeure inchangée.

La détérioration de la relation entre Emmanuel Macron et les journalistes durant la dernière décennie est examinée dans le livre intitulé « Hors presse », rédigé par les membres de l’Association de la presse présidentielle. Ce livre sera publié le 17 novembre prochain par les éditions MKF.


(Article reformulé à l’aide de l’IA)

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