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Enseignants : quatre menaces de mort depuis la rentrée

Enseignants : quatre menaces de mort depuis la rentrée
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Ce phénomène suscite des inquiétudes en ce début d’année scolaire. En l’espace de quinze jours seulement, quatre parents d’élèves ont proféré des menaces de mort à l’encontre d’enseignants ou de membres du personnel éducatif. Le 4 septembre, à Fauga (Haute-Garonne), à proximité de Toulouse, un père de famille, convoqué par l’administration de l’école, profère des menaces de décapitation à l’encontre d’une enseignante, suite à la sanction infligée à son fils âgé de 9 ans.

Une dizaine de jours après les faits, dans l’établissement scolaire d’Eysines, situé en banlieue de Bordeaux, le père d’une élève profère des menaces de mort et exerce des violences physiques envers la directrice ainsi qu’un membre du personnel de surveillance qui était intervenu pour calmer une altercation entre des élèves de troisième. Dans la même journée, à Marseille, un père a également proféré des menaces de mort à l’encontre d’une institutrice et de la directrice de l’école de sa fille. Ayant constaté son état d’ébriété, les deux femmes ont refusé de lui confier son enfant. Le 14 septembre de la même année, en face de l’école primaire située dans le village rural de Véron, dans le département de l’Yonne, la mère d’une élève a simulé un geste d’égorgement envers une enseignante. La femme exprimait son mécontentement concernant la gestion d’une blessure de sa fille survenue quelques jours auparavant.

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Les deux premiers chefs de famille ont été condamnés à une peine de six mois de prison ferme avec exécution immédiate. Le troisième a été inculpé. Concernant la dernière mère d’élève, son jugement est prévu pour le 10 décembre. À la suite de ces affaires largement relayées par les médias, le ministre de l’Éducation nationale a réagi le 15 septembre en s’engageant à faire preuve d’une fermeté absolue. Il a affirmé que toute forme de violence à l’encontre du personnel de l’Éducation nationale ne sera pas tolérée. Edouard Geffray a affirmé dans un message sur le réseau social X que toutes les questions recevront une réponse.

Depuis plusieurs années, le ministère de l’Éducation nationale évalue ce phénomène à travers ses enquêtes Sivis (Système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire). Ces données révèlent que le taux de signalement d’incidents graves dans les écoles maternelles et primaires pendant l’année scolaire 2024-2025 était de quatre pour 1 000 élèves. Dans 61 % des cas, les individus signalés sont des membres du personnel des établissements, tandis que dans 26 % des cas, ce sont des élèves.

Dans 30 % des cas de signalement, on a constaté l’implication des familles des élèves. Des proportions équivalentes ont été constatées lors des années 2022-2023 et 2021-2022. Bien que ces données ministérielles corroborent l’existence de cas de violence de la part des parents envers les professionnels de l’éducation, elles ne permettent pas de déterminer une tendance à plus long terme.

Au niveau du collège et du lycée, les parents d’élèves sont moins fréquemment identifiés comme les auteurs des actes de violence, étant impliqués dans seulement 3% des incidents signalés au cours de l’année 2024-2025. Ces actes de violence se concentrent principalement dans les écoles primaires, où la jeunesse des élèves nécessite une relation plus étroite entre les enseignants et les parents. Selon Jean-Louis Linder, président de l’Autonome de solidarité laïque (ASL), une organisation dédiée à la protection et au soutien des professionnels de l’éducation face aux risques professionnels, il est également observé que ce sont les élèves, et non les parents, qui sont les principaux auteurs d’agressions dans le secondaire, notamment au lycée.

Georges Fotinos, qui a occupé le poste de chargé de mission interministériel pour la relation école-famille, a mené une étude approfondie sur les écoles primaires, en se concentrant spécifiquement sur l’interaction entre les familles et les directeurs d’école. Cette recherche, intitulée « La méprise », a été réalisée sur demande du syndicat enseignant SE-Unsa. Suite à l’interrogation de 2 738 directrices et directeurs d’écoles primaires publiques, il est clair qu’une « augmentation significative des actes de violence des parents envers le personnel enseignant » est observée. En 2025, près de 80 % des directeurs d’établissement ont signalé des conflits avec des parents, comparé à 60 % en 2013.

Selon ses dires, les directeurs interrogés ont identifié diverses origines de conflit. Les plus courantes incluent les demandes exigeantes d’informations sur les outils numériques, en particulier à travers les ENT (Espaces Numériques de Travail), les pressions pour passer à un établissement privé, ainsi que les besoins spécifiques de certains élèves. L’ancien inspecteur général souligne également que les conflits surviennent fréquemment lors des réunions du conseil d’école. Georges Fotinos constate également une augmentation des dérapages. En 2025, plus de la moitié des directeurs affirment avoir été victimes d’insultes de la part de familles. En 2013, leur pourcentage s’élevait à 23 %. De plus, sur une période de douze ans, le nombre de directeurs déclarant avoir été victimes d’agression physique a été multiplié par cinq.

Jean-Louis Linder confirme également cette tendance en soulignant que certains collègues, en particulier dans le premier cycle, sont confrontés à l’incapacité d’aller travailler en se sentant en sécurité lorsqu’ils sont en contact direct avec les familles. Chaque année, l’organisation présidée par lui, l’Autonome de solidarité laïque, reçoit un grand nombre de signalements qui pourraient donner lieu à des actions en justice. Il s’agit de solliciter des conseils, un soutien en cas de conflit ou des démarches juridiques destinés au personnel éducatif dans son ensemble : enseignants, directeurs, encadrants sportifs ou encore agents territoriaux spécialisés en école maternelle (Atsem). Chaque année, les parents sont impliqués dans environ 40 % des cas, selon les données de l’ASL.

L’augmentation des violences semble être corroborée par le nombre et la nature des saisines. Selon les données les plus récentes transmises à franceinfo par l’association, on observe une augmentation de 21,7 % des signalements d’agressions physiques ou verbales de 2021 à 2026, passant de 2 249 à 2 738.

Les conflits qualifiés de « à risque de bascule », caractérisés par une détérioration des relations entre parents et enseignants entraînant des tensions, ont augmenté de 123 % en l’espace de cinq ans. On observe une augmentation de 52,4 % des demandes d’assistance reçues par l’ASL liées à des cas de diffamation ou de dénonciation calomnieuse.

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Comment peut-on expliquer l’agressivité croissante des parents envers les enseignants de leurs enfants ? Selon Jean-Louis Linder, la pandémie de Covid-19 a marqué un tournant. La distinction entre le domicile et l’espace d’apprentissage s’est estompée, avec des incidents observés dans les salles de classe virtuelles pendant cette période. Un ancien directeur d’école se rappelle des tiers qui s’invitaient sans autorisation et osaient faire des plaisanteries déplacées, voire proférer des insultes. Au terme de cette période caractérisée par les mesures de confinement, cette situation aurait persisté. Il exprime des regrets de cette manière.

Il met également en avant l’impact des réseaux sociaux, les décrivant comme un élément exacerbant les actes de violence des parents envers les enseignants. On a observé une amplification considérable des incidents les plus mineurs, des paroles les plus insignifiantes… Il explique que les réseaux sociaux exacerbent les tensions, créant ainsi des situations rapidement hors de contrôle, du fait que les individus se dissimulent derrière des pseudonymes et se sentent légitimés à tenir des propos irrespectueux en toute impunité. L’assassinat terroriste du professeur d’histoire Samuel Paty le 16 octobre 2020, suite à une vague de haine en ligne, constitue une illustration particulièrement tragique de ce phénomène.

Jean-Louis Linder apporte cependant une nuance à son observation : « Bien que nous observions une hausse des agressions, cela ne signifie pas que tous les parents adoptent un comportement détestable, illégal, irrespectueux ou agressif envers le personnel éducatif. » Il préconise la mise en place d’un programme d’accompagnement visant à sensibiliser les parents à leurs obligations. Selon lui, dans un contexte où les interactions sont souvent médiatisées par les écrans, l’exercice de la parentalité ne va pas de soi et nécessite un apprentissage. Il préconise également la mise en place de formations visant à renforcer la connaissance des droits des enseignants, afin de mieux gérer les situations conflictuelles impliquant les familles.

Selon Georges Fotinos, la solution réside dans les ressources allouées à l’Éducation nationale. L’étude révèle que 69 % des directeurs d’écoles du réseau d’éducation prioritaire estiment que les parents respectent leur autorité, tandis que cette proportion diminue à 55 % dans les autres établissements. Ces résultats suggèrent qu’il n’y a pas de déterminisme quant à la détérioration du lien entre l’école et la famille. Il en conclut que lorsque des ressources spécifiques telles que le temps, le personnel et les dispositifs sont disponibles, les relations sont plus harmonieuses. En revanche, le gouvernement a choisi de mettre en place une mesure dissuasive en promulguant un décret à la fin du mois de juillet. Un élève scolarisé dans l’enseignement primaire, secondaire ou secondaire supérieur, dont un parent perturbe de manière significative le bon fonctionnement de l’établissement, peut dorénavant être contraint de changer d’école.

On constate nettement une hausse des comportements agressifs des parents envers les enseignants, notamment à travers des propos irrespectueux. Selon Jean-Louis Linder, président de l’Autonome de solidarité laïque, l’apparition de menaces de mort marque une étape critique, remettant en question la normalité de la situation.


(Article reformulé à l’aide de l’IA)

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