Pour la 7ᵉ année, la France médaille d’or de l’attractivité en Europe

Pour la septième année consécutive, la France a été désignée championne européenne en termes d’attractivité pour les investissements directs étrangers, selon le baromètre du cabinet d’audit financier EY publié le jeudi 21 mai. La troisième place de ce classement est occupée par la Grande-Bretagne et l’Allemagne.
La taille du marché, la capacité d’innovation, la qualité des infrastructures et l’accès à une énergie décarbonée sont des facteurs clés à prendre en compte. Il n’est pas étonnant que la France maintienne des avantages significatifs pour les investisseurs internationaux. Cela devrait permettre d’attirer un total de 852 implantations et extensions d’entreprises étrangères en 2025, tout en maintenant sa position de leader, malgré une diminution significative de 17% de ces investissements.
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Certains domaines se démarquent particulièrement, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle, selon les propos de Marc Lhermitte, associé chez EY. Il explique que les entreprises internationales, au cœur de l’IA, les centres de données ainsi que les sociétés concernées dans le développement et le déploiement de l’IA, ont opté pour la France comme principal lieu d’implantation. On observe également une augmentation de l’utilisation de l’énergie à faible teneur en carbone, une croissance de la part de l’énergie nucléaire, ainsi qu’une expansion des secteurs de l’industrie de la Défense.
Cependant, on observe un ralentissement manifeste dans le secteur de l’industrie traditionnelle, englobant des domaines tels que l’automobile, la chimie ou la métallurgie. Les investissements dans les usines, aussi appelés investissements manufacturiers, représentent toujours plus de 40 % de l’ensemble des investissements recensés. Malgré une baisse de 4 % par rapport à l’année précédente, ces investissements continuent de créer des emplois, avec près de 28 000 emplois enregistrés l’année dernière. Il convient cependant de noter que 50 % de ces postes sont liés à seulement 5 % des projets, comme l’a souligné Marc Lhermitte, notamment des projets menés par des opérateurs d’e-commerce et de logistique pouvant générer de 500 à 1500 emplois. Cela constitue également l’une des caractéristiques de la France.
Le cabinet EY identifie aussi des indicateurs préoccupants pour l’avenir : 57 % des cadres interrogés prévoient d’effectuer des investissements en France dans l’année à venir, un pourcentage en baisse par rapport aux années précédentes. Selon Marc Lhermitte, un attentisme est observé en raison du contexte politique et budgétaire incertain. Il souligne l’absence de majorité politique et les possibles contraintes financières qui pourraient empêcher une nouvelle réduction de la pression fiscale en France. Cette dernière demeure parmi les plus élevées des pays de l’OCDE. Il met en avant la nécessité de simplifier les procédures et le droit, ainsi que de réduire les coûts du travail, en particulier dans les secteurs où la concurrence avec nos voisins européens est intense, sans pour autant faire référence à des pays à bas coûts.
Une autre préoccupation concerne la diminution de 14 % des investissements américains, qui est devenue notable depuis l’élection de Donald Trump. Cependant, les États-Unis demeurent le principal investisseur en France, avec 166 projets d’implantation ou d’extension répertoriés. En outre, il convient de prendre en considération le contexte international et les conflits au Moyen-Orient, dont les répercussions demeurent encore difficiles à évaluer.
