La France veut bâtir un géant européen de l’IA

La France veut bâtir un géant européen de l’IA
Image dillustration

Le mercredi 20 mai, 28 entreprises françaises ont affiché leur ambition de développer en France un mégaprojet d’infrastructure de calcul informatique dédié à l’intelligence artificielle. Parmi les entreprises présentes dans cet ensemble, on peut citer Orange, EDF, Iliad (qui détient l’opérateur téléphonique Free), le fabricant de semi-conducteurs Bull, la société de services Capgemini et la société d’investissement Ardian. Ce regroupement envisage de lever environ dix milliards d’euros afin de développer des infrastructures de data centers profitant des atouts d’une électricité décarbonée, tout en exploitant de manière optimale l’ensemble des compétences en intelligence artificielle dont la France dispose.

A lire >> Pour l’Insee, le taux de chômage en France a atteint son plus haut niveau en cinq ans

Nommé AION, en référence à l’alliance de l’âge, la génération et l’éternité en grec, ce regroupement d’entreprises aspire à soumettre la proposition française dans le cadre d’un appel d’offres de la Commission européenne, qui devrait être lancé prochainement pour la mise en place en Europe d’une série de projets d’infrastructures de calcul nécessaires au développement de l’intelligence artificielle. Le projet français envisage la mise en place d’une capacité de calcul informatique pouvant atteindre 1 GW, répartie sur divers centres de données en France.

Ces dix milliards d’euros d’investissements constituent un montant significatif. La majeure partie du financement proviendra du secteur privé, cependant, il est essentiel que des commandes publiques, d’une valeur d’environ cent millions d’euros de la part de la France et de l’Europe, soient également nécessaires pour que le projet se concrétise. Il est essentiel de démontrer à Bruxelles et à nos partenaires européens que la France est capable d’investir dans le futur sans accroître le fardeau de la dette publique.

Comme dans le domaine de l’énergie, la protection de notre souveraineté est primordiale. Actuellement, 80 % de la capacité de calcul mondiale est située aux États-Unis. Selon Damien Lucas, qui occupe le poste de directeur général de Scaleway, une filiale du groupe Iliad spécialisée dans le cloud computing, l’objectif est de renverser la tendance et de rapatrier cette capacité de frappe sur notre territoire, de ce côté de l’Atlantique. Pour le moment, les États-Unis et l’Asie consacrent des sommes considérables pour renforcer et protéger leurs infrastructures de calcul en intelligence artificielle, avec un investissement de 500 milliards de dollars dans le projet Stargate mené par Microsoft et Nvidia. L’Europe dans son ensemble, et la France en particulier, ne devraient pas demeurer en marge.

N'hésitez pas à nous suivre et à nous aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *