Les ONG et les professionnels de la santé expriment des inquiétudes concernant la directive Omnibus de Bruxelles sur les pesticides
La Commission européenne se dirige-t-elle vers une nouvelle remise en cause des règles environnementales ? Le mardi 16 décembre 2025, elle devra présenter une nouvelle directive appelée Omnibus, regroupant des mesures de simplification et de déréglementation concernant les pesticides. Il est question de concéder des autorisations illimitées à la vaste majorité des substances, une pratique qui n’est pas courante à l’heure actuelle. De nombreuses organisations non gouvernementales spécialisées dans l’environnement ainsi que des experts en santé expriment leur indignation et leur préoccupation.
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Actuellement, les pesticides au sein de l’Union européenne font l’objet d’une réévaluation périodique tous les 10 à 15 ans afin de tenir compte des avancées en matière de connaissance de leur toxicité. Le projet Omnibus, divulgué, serait ainsi abandonné. Selon Thomas Uthayakumar de la Fondation pour la nature et l’homme, le concept clé établi depuis longtemps est de ne pas réapprouver automatiquement les pesticides. L’introduction du paquet Omnibus remet en question l’ensemble de ces éléments. Il affirme que l’autorisation est rétablie sans remise en question de leur potentiel dangerosité. Et ça, c’est une destruction un peu progressive d’un des piliers du principe de précaution.”
Une inquiétude partagée par le directeur de la prévention à la Ligue contre le cancer, Emmanuel Ricard. « C’est la santé des personnes qui passe derrière le lobbying fait par l’industrie agrochimique », fustige-t-il. Le risque est de voir des produits dangereux plus longtemps sur le marché, alerte Emmanuel Ricard : « Un certain nombre de cancers sont en relation avec des expositions lors des épandages. Il y a là réellement un retour en termes de protection de la population. Les choses ne vont pas dans le bon sens. »
Selon l’ONG Générations futures, depuis 2011, le réexamen obligatoire des pesticides a permis d’interdire 31 substances jugées trop nocives pour la santé ou la biodiversité. Ce projet Omnibus présenté par la Commission européenne débute son parcours, il passera notamment devant le Parlement européen avant d’être validé.
