Selon Terra Nova stabiliser la dette publique imposera un effort massif et collectif

Selon Terra Nova stabiliser la dette publique imposera un effort massif et collectif
Terra Nova est un laboratoire didées français se voulant proche du Parti socialiste fondé en février 2008 par Olivier Ferran

Pour parvenir à stabiliser la dette publique française, un investissement annuel de l’ordre de 100 à 120 milliards d’euros sera nécessaire à moyen terme, ce qui impliquera la mise en place de mesures impliquant la participation de l’ensemble de la population, comme le souligne un rapport du think tank Terra Nova publié le lundi 8 décembre.

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Afin de stopper l’augmentation de la dette publique qui dépasse la croissance de la richesse nationale et de la stabiliser à un niveau compris entre 120 et 130 % du produit intérieur brut (PIB), Guillaume Hannezo, professeur associé à l’École normale supérieure et auteur d’une publication pour un cercle de réflexion de gauche, estime qu’il sera nécessaire de réaliser des économies de l’ordre de 100 à 120 milliards d’euros par rapport à une situation où les dépenses évoluent au même rythme que la richesse nationale. Il souligne également qu’il faudra prendre des mesures supplémentaires pour freiner la croissance de certaines dépenses qui augmentent plus rapidement que le PIB, telles que les dépenses liées aux retraites et à la santé. À la fin du mois de juin, le taux d’endettement atteignait 115,6 % du produit intérieur brut (PIB).

Cet effort, semblable aux évaluations de la Cour des comptes ou des instituts économiques, équivaut à 3,5 à 4 % du produit intérieur brut (PIB). Il représente le niveau potentiel que la charge d’intérêt de la dette pourrait atteindre dans un avenir proche, si l’intégralité des 3 400 milliards d’euros de la dette française était refinancée à un taux de 3,5 %, tel que requis par les investisseurs pour accorder des prêts à la France sur une période de 10 ans.

Pour contrebalancer cette somme, il serait judicieux d’augmenter les recettes fiscales et de réaliser des économies sur les dépenses publiques afin d’éviter que les intérêts à rembourser contribuent à accroître l’endettement. Selon Guillaume Hannezo, lorsqu’il s’agit d’un ajustement d’une telle envergure, nous devons adopter une approche globale et mobiliser l’ensemble des acteurs concernés, comme ce fut observé lors des mesures de redressement mises en place par les pays du Sud de l’Europe aux alentours de la décennie 2010.

Il avance deux principaux mécanismes : d’abord, la réduction des flux d’épargne superflus affectant les dépenses publiques de retraite, tout en préservant les pensions les plus modestes ; aussi, l’augmentation d’un impôt à taux modéré, tel que la TVA ou la CSG, payé par une large part de la population. Il prévient que faire accepter ces sacrifices sera impossible sans un engagement soutenu des personnes les plus fortunées, ainsi qu’un effort temporaire de la part des entreprises.

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