Des débris spatiaux tombent sur les maisons

Elle a traversé le plancher après avoir perforé le toit d’une résidence en Floride, aux États-Unis. Une batterie déchargée provenant de la Station spatiale internationale (ISS). Le son de la chute a été enregistré par le système de vidéosurveillance. Les 700 g de métal provenant d’une palette de débris spatiaux n’ont pas causé de blessures. De manière régulière, ces fragments provenant de l’espace attirent l’attention des médias. D’importants fragments de fuselage ont été découverts, similairement à des cas observés au Canada ou en Caroline du Nord (États-Unis), suite à une désorbitation ou à l’explosion d’une fusée lors de son décollage. Le processus de combustion impressionnant n’est pas toujours capable de détruire entièrement la carlingue, ce qui représente un risque croissant pour la population.
Au sein de la baie de San Francisco, aux États-Unis, une entreprise s’est spécialisée dans la surveillance des débris spatiaux. Ce que l’on peut observer à l’écran correspond à 24 heures d’activité dans l’orbite basse. On peut observer la présence de satellites et de débris spatiaux se déplaçant dans diverses directions. Selon Daniel Ceperley, fondateur de la société “LeoLabs”, en observant la France, notamment Paris, un grand nombre d’objets volants traversent l’espace aérien au-dessus de la ville chaque heure. Ce système repose sur l’utilisation de vastes radars installés en divers endroits à l’échelle mondiale. Ils détectent chaque objet d’au moins 10 cm en mouvement orbital à une vitesse d’environ 30 000 km/h.
Actuellement, 25 000 objets sont répertoriés en orbite, comprenant une proportion égale de satellites et de débris spatiaux d’origines variées. Ces débris peuvent résulter d’explosions de satellites, de surchauffe de batteries ou d’incendies causés par du carburant périmé. Il arrive parfois que des satellites entrent en collision ou soient délibérément visés par des tirs de missiles lors de tests, comme le souligne Daniel Ceperley.
La surveillance des trajectoires contribue à la prévention des accidents. En 2021, les membres de l’équipage de la Station spatiale internationale ont été réveillés par la réception d’un message d’alerte les saluant ainsi : « Bonjour, veuillez excuser cette interruption matinale. Nous avons été informés de la menace posée par un satellite défectueux. » Par conséquent, l’ISS doit effectuer une manœuvre d’évitement afin d’éviter une éventuelle collision avec un débris de satellite inactif depuis dix ans.
Comment peut-on prévenir la transformation de l’espace en un lieu de décharge ? Par exemple, l’Agence spatiale européenne envisage de développer une pince de grande taille capable de récupérer des fragments entiers de fusée. À Los Angeles, aux États-Unis, Thibaud Talon, un ingénieur français, a proposé une alternative consistant à utiliser un aspirateur à débris. Il a expliqué : « Nous allons introduire de l’azote dans notre système pour faciliter le déploiement du sac. » Ensuite, un système de caméras est utilisé pour positionner le sac autour du débris. Les débris seront injectés à l’intérieur. Ensuite, les débris récupérés seront relâchés pour effectuer une rentrée contrôlée dans l’atmosphère. Cette version a été évaluée par l’ISS. Une autre structure, de plus grande envergure, est actuellement en phase d’expérimentation et pourrait être opérationnelle prochainement.
Cependant, afin de prévenir la multiplication des débris spatiaux, il sera nécessaire d’accroître l’utilisation des lanceurs réutilisables. Afin de réduire les risques tant sur terre que dans les airs. Il y a peu de jours, les autorités de l’aviation civile américaine ont mis en garde les transporteurs aériens concernant les risques posés par les débris spatiaux non contrôlés provenant de l’atmosphère.
