Miser sur la vaccination et éviter au maximum les mesures impopulaires à quatre mois de l’élection présidentielle

Miser sur la vaccination et éviter au maximum les mesures impopulaires à quatre mois de l'élection présidentiellePour tenter d’endiguer l’épidémie, le gouvernement n’a pas souhaité resserrer la vis autant que dans la plupart des pays européens. Miser sur la vaccination et éviter au maximum les mesures impopulaires à quatre mois de l’élection présidentielle. Une stratégie politique propre, qui se démarque des choix faits par la plupart de nos voisins européens. Plusieurs pays de l’Union européenne ont, en effet, opté pour un sérieux tour de vis, avant et après le réveillon de Noël, afin de freiner l’extrême viralité du variant Omicron qui déferle sur le Vieux Continent.

Si, depuis la mi-décembre, le Danemark a, par exemple, fermé ses lieux culturelles et imposées aux restaurants de baisser le rideau entre 23 heures et cinq heures, c’est bien aux Pays-Bas que les restrictions sont les plus importantes. Depuis le 19 décembre et au moins jusqu’au 14 janvier, le pays est, en effet, totalement confiné. En Allemagne, où la barre symbolique des 60 000 contaminations quotidiennes a été franchie fin novembre, les tests négatifs ne suffisent plus pour accéder aux lieux recevant du public. Et à compter de ce mardi, les rassemblements sont limités à 10 personnes pour les vaccinés et à deux personnes pour les non-vaccinés.

En Italie, le port d’un masque FFP2 est obligatoire dans les transports, les stades ou encore les lieux culturels. En Espagne, c’est également un couvre-feu qui a été décidé pour la Catalogne, entre 1 et 6 heures du matin. Franceinfo vous explique pourquoi l’exécutif rechigne à prendre, pour le moment, des dispositions beaucoup plus contraignantes. Une stratégie vaccinale utilisée comme arme principale face au variant Omicron et que l’exécutif a voulu renforcer encore un peu plus.

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Le délai entre deux doses de rappel a été réduit de quatre à trois mois dès ce mardi et le gouvernement martèle qu’il souhaite “faire peser la contrainte sur les non-vaccinés tout en cherchant à aller vers et à convaincre nos concitoyens qui sont encore très éloignés du système de soins”. Le projet de loi sur le pass vaccinal, qui sera prochainement débattu au Parlement, entend mettre la pression sur les cinq millions de Français non vaccinés, et en particulier ceux qui contournent illégalement la vaccination. “Cela signifie que dans les lieux où le pass s’applique depuis plusieurs mois, il faudra justifier d’être vacciné pour pouvoir entrer”, assure le chef du gouvernement. Selon Santé publique France, les hospitalisations quotidiennes sont actuellement stables, même si 1 634 nouvelles admissions à l’hôpital ont été comptabilisées ces dernières 24 heures.

Ce chiffre est en augmentation en comparaison à la semaine précédente, où 1 466 nouveaux patients avaient été recensés et cette tendance commence à mettre les services hospitaliers du pays sous pression. Toujours selon Santé publique France, le nombre de patients en soins critiques a également augmenté de 10 % et les décès quotidiens à l’hôpital de 14 %. “À chaque mesure prise par le gouvernement, on peut toujours trouver un côté ridicule, comme le fait de ne plus pouvoir boire son café debout au comptoir.

“Emmanuel Macron essaie d’éviter de devenir impopulaire, ça, c’est certain. Mais si les hôpitaux venaient à être totalement débordés, le sujet de l’avenir de l’hôpital en France pourrait revenir dans la campagne présidentielle et donner des angles d’attaque aux opposants politiques d’Emmanuel Macron”, analyse Bruno Cautrès, politologue au Centre de recherches politiques de Sciences Po .

Le professeur Enrique Casalino a, par exemple, estimé sur franceinfo qu’elles ne permettraient pas “une réduction de la vague épidémique rapide”. De son côté, l’épidémiologiste Mahmoud Zureik a salué les mesures prises par le gouvernement, même s’il aurait voulu que le protocole sanitaire soit renforcé dans les écoles, bars et restaurants.

“Début 2021, Emmanuel Macron n’avait pas suivi les recommandations du Conseil scientifique et avait choisi l’optique d’une reprise de la vie économique. Comme jusqu’à maintenant, cela avait plutôt bien fonctionné, il reste aujourd’hui dans la même logique.” Bruno Cautrès, politologue au Cevipof à franceinfo.

En suivant cette logique faut-il mettre au crédit d’Emmanuel Macron les 120 000 décès lié à la Covid-19 ? Peut-il se représenter à la présidentielle avec un tel passif ?

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