Vapotage : L’OMS a-t-elle raison de s’en prendre à la cigarette électronique ?

L’OMS juge ces dispositifs comme « incontestablement nocifs » et présentant des risques pour la santé. Il y a de « nombreuses substances potentiellement toxiques », a conclu un rapport des Académies américaines des sciences, publié en 2018.
L’OMS se montre plus prudente, en prenant pour référence son rapport datant de 2014 : « les SEAN (Systèmes électroniques d’administration de nicotine) sont probablement moins toxiques que les cigarettes mais il n’y a pas assez de preuves pour quantifier le niveau précis de risque », estime l’organisme international.
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Dans tous les cas, « les SEAN sont incontestablement nocifs et devront donc être régulés ». La possibilité que les vapoteuses jouent un rôle dans l’aide au sevrage tabagique « n’est pas claire » et diffère probablement selon les types d’ e-cigarette, conclut l’organisme.
Cette position fait évidemment bondir les fabricants de e-cigarettes, qui parlent de « désinformation », mais aussi quelques spécialistes de la lutte contre le tabac, qui défendent l’efficacité de la cigarette électronique.
Or « le risque pour la santé n’est pas lié au nombre de cigarettes fumées mais à la durée du tabagisme », rappelle le Pr Josseran, pour lequel il ne faut pas « entretenir les gens dans une fausse idée de réduction des risques ».
Le ministère de la Santé français, qui a fait de la lutte contre le tabac une priorité, s’est toujours montré prudent sur la question, attribuant plutôt la récente baisse du nombre de fumeurs à l’augmentation des prix, au remboursement des patchs et gommes et à l’opération « Mois sans tabac ».
