«impunité des agresseurs» : ce samedi, des défilés dans toute la France

«impunité des agresseurs» : ce samedi, des défilés dans toute la France

Dans les commissariats, les tribunaux ou au sein des partis politiques, « les derniers mois ont prouvé à quel point la parole des victimes de violence de genre était remise en cause », s’insurgent les organisatrices de la mobilisation.

« Ce qui nous met en colère, c’est l’impunité des agresseurs et le mauvais traitement réservé aux victimes » lorsqu’elles déposent plainte, explique Maëlle Noir, membre de #NousToutes qui coordonne l’organisation des défilés. Cinq ans après l’émergence du mouvement #MeToo, « les violences sexistes et sexuelles restent massives » et les politiques publiques « pas adaptées à l’enjeu », affirment les organisatrices dans leur appel à manifester, signé par près de 90 associations, syndicats ou partis de gauche.

Pour lutter contre les violences, elles réclament un budget public de deux milliards d’euros par an, mais également une « loi-cadre » qui instaurerait notamment des « brigades et juridictions spécialisées », une aide financière pour la « mise en sûreté » des femmes victimes, 15 000 places d’hébergement supplémentaires dédiées, ou encore le renforcement de l’éducation à la vie sexuelle et affective à l’école.

En 2021, la mobilisation – organisée en amont du 25 novembre, date de la journée mondiale de lutte contre les violences à l’égard des femmes –, avait rassemblé 50 000 personnes à Paris selon les organisateurs, et 18 000 selon la préfecture de police. Un an après, l’exaspération des organisations féministes est toujours aussi vive, alimentée par le nombre élevé de féminicides – déjà 100 depuis le début de l’année d’après un collectif associatif, contre 122 l’an dernier selon les chiffres officiels –, et par la frilosité du monde politique à écarter certains responsables accusés de violence envers les femmes.

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C’est le cas pour le député LFI Adrien Quatennens, qui a avoué des violences conjugales, mais a été défendu par Jean-Luc Mélenchon, et dont le parti tente de planifier un retour à l’Assemblée nationale. Une expression qui exaspère désormais les associations, car « les femmes ont toujours parlé, mais elles ne sont pas écoutées », pointe Maëlle Noir.

Pour Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, depuis « MeToo » les pouvoirs publics ont « surtout défendu la présomption d’innocence, plutôt que la lutte contre l’impunité, qui a empiré depuis cinq ans ».

Il n’est pas possible de condamné une personne simplement sur la parole. Cette parole doit-être prise très au sérieux. Il faut des preuves, des faits, tout ce qui prouve la violence. Voilà à quoi sert la présomption d’innocence, à ne pas jeter en pâture une personne qui pourrait être innocente.

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