Emmanuel Macron drague la CFDT

Emmanuel Macron drague la CFDTAu début du mois, Emmanuel Macron accueille Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, à l’Élysée, entouré d’Alexis Kohler, secrétaire général, et de Pierre-André Imbert, son adjoint. Quelques jours après, le syndicaliste revient au Palais en compagnie de Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, et de Claire Thoury, présidente du Mouvement associatif. « L’exercice du pouvoir est au moins aussi important que sa conquête, déclare Laurent Berger à l’Opinion. Il faut articuler la démocratie politique, sociale et citoyenne.

Les grandes conférences sociales ont montré leurs limites, les conventions citoyennes ne peuvent pas se multiplier à l’infini indique Laurent Berger. Cette réflexion a été au cœur des échanges entre le Président, Laurent Berger, Christophe Robert et Claire Thoury.

Dans la perspective d’un éventuel second mandat, des mesures CFDT friendly sont envisagées, pour la famille, pour tenir compte de la pénibilité dans la future réforme des retraites. Pour l’Élysée, parce qu’il n’y a jamais eu de froid, la CFDT ayant été reçue, consultée, par les conseillers du Président, par Matignon, par les différents ministères.

Pour Laurent Berger, parce qu’il ne fait pas de politique. Qu’Emmanuel Macron aura besoin des voix de la gauche réformiste pour être réélu. Celles de la CFDT comptent. Certains de ses partisans peuvent se retrouver dans la figure d’un Emmanuel Macron.

Au second tour, si ce dernier est opposé à Marine Le Pen, il devra persuader les Français restés à gauche de ne pas aller cueillir les pâquerettes. S’il fait face à Valérie Pécresse, cette obligation sera d’autant plus ardente que la candidate LR n’incarne pas un repoussoir aussi puissant que celle du RN aux yeux de cet électorat. Laurent Berger ne se prive pas de rappeler régulièrement à Emmanuel Macron que sa mouvance a voté pour lui. Et que ces électeurs sont déçus. En partie par certaines mesures comme la réforme de l’assurance-chômage. Ou celle des retraites, pervertie aux yeux de la centrale.

Emmanuel Macron veut aller vite. Il est partisan de la négociation syndicale, mais dans l’entreprise, pas au niveau national où il estime les compromis boiteux. Alexis Kohler campe aussi cette ligne. Comme d’autres conseillers alors à l’Élysée, David Amiel et Ismaël Emelien qui l’écrivent dans un livre, Le progrès ne tombe pas du ciel (Fayard).

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Ces derniers mois, des propos attribués à Alexis Kohler dans la presse, exprimant cette position en termes peu amènes, ont énervé Laurent Berger. Plus grave, un économiste intellectuellement proche d’Emmanuel Macron, Pierre Cahuc, s’est récemment prononcé pour la fin du monopole syndical. Laurent Berger, inquiet d’une telle décision, a demandé ses intentions à Emmanuel Macron.

Lors de l’entretien du début janvier, Laurent Berger prend le Président à part. Les yeux dans les yeux, avec des mots drus qui ne se répètent pas. Berger est persuadé que l’Élysée a fait courir des rumeurs sur son engagement politique. L’ancien ministre de la Transition écologique ne cesse de critiquer Emmanuel Macron qui s’agace de l’affichage du duo Hulot-Berger. À l’Élysée pourtant, ce soupçon s’est dissipé.

Laurent Berger est perçu comme un interlocuteur fiable et l’intérêt électoral n’explique pas tout. Celle du déficit démocratique aussi, et Emmanuel Macron s’y intéresse. Mais, le fera-t-il réellement ?

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