Protéger les cachalots des nuisances humaines
La découverte est toujours fascinante : de temps en temps, des cachalots de Méditerranée sont observés à proximité des côtes. Pour appréhender plus finement le comportement de cette espèce en danger selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, une expédition marine débutera ce samedi 30 août.
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L’organisation non-gouvernementale Longitudes 181, fondée par les océanographes François et Véronique Sarano, se prépare à une nouvelle expédition en mer afin d’étudier et d’observer les mammifères marins. Cette campagne se déroulera en collaboration avec l’Université de Toulon. Durant plus d’un mois, deux voiliers vont parcourir la Méditerranée à la recherche de cachalots.
Pour avoir une chance d’apercevoir ces créatures marines, il est essentiel de prêter une attention particulière à leur environnement sonore. En dépit de leurs dimensions imposantes pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres et peser des dizaines de tonnes, il est plus fréquent de les entendre. Les cachalots ont l’habitude de plonger à des profondeurs considérables et recourent à des sons pour communiquer, se repérer ou chasser.
Dès que cette empreinte sonore sera repérée, les navires de l’expédition Longitudes 181 pourront enrichir leurs données avec des observations visuelles. Il est primordial de connaître les critères permettant de distinguer les diverses espèces animales. Un cachalot, c’est comparable à un être humain. « Tous les participants sont bien préparés et déterminés», déclare Jean-Christophe Milliat, en charge du programme voile océan de l’ONG. Il affirme : « Chaque cachalot possède une queue unique, semblable à une empreinte digitale, ce qui facilite leur identification et leur nomination».
Ce suivi régulier, au fil des ans, permet aux chercheurs d’approfondir leur compréhension du comportement de ces mammifères encore très mystérieux, y compris leurs déplacements, leurs zones de résidence et leurs habitudes alimentaires. Ces données aident à recommander des mesures de protection renforcée, notamment pour lutter contre la pollution sonore sous-marine.
Les nuisances sonores causées par les bateaux et les hélices perturbent grandement les animaux, car leur système de repérage et leurs techniques de chasse reposent essentiellement sur l’ouïe, explique Jean-Christophe Milliat. Dès lors qu’un bruit de fond dépasse leur seuil de tolérance, ils se trouvent totalement désorientés. Les expéditions, auxquelles participent également des volontaires aux côtés des chercheurs, sont programmées jusqu’au début du mois d’octobre.
