Mercure dans le thon et risques pour les enfants

En octobre 2024, une alerte a été lancée par les ONG Bloom et Foodwatch concernant une contamination étendue du thon par un métal toxique pour le système nerveux, en particulier chez les foetus et les jeunes enfants. Au total, 148 boîtes de thon ont été analysées à travers l’Europe, y compris en France, et des traces de mercure ont été détectées dans chacune d’entre elles. Parfois à des niveaux supérieurs aux normes européennes.
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Les normes s’appliquent en fait au poisson frais et non en conserve, une fois déshydraté. Un tour de passe-passe réglementaire dénoncé par deux ONG : le seuil fixé à un milligramme de mercure par kilo est jugé plus permissif pour le thon et d’autres prédateurs que pour les plus petits poissons. Ce sont cependant ces spécimens de grande taille qui présentent le taux de contamination le plus élevé. Selon Bloom et Foodwatch, il ne fait aucun doute que les lobbies de la pêche dictent les normes afin de poursuivre la commercialisation sans se préoccuper des risques pour la santé. Si la présence de ce métal est détectée dans le thon, c’est en raison de la pollution étendue de nos océans et mers. Présent dans la nature, ce composé est largement rejeté en raison des activités humaines telles que la métallurgie, la combustion du charbon, l’incinération des déchets, la fabrication du chlore ou des piles.
Au-delà du mercure, la question des métaux lourds suscite une préoccupation croissante en matière de santé publique. Toute la population française est concernée, d’après une étude approfondie réalisée il y a une dizaine d’années par Santé publique France. Les poissons et les produits de la mer figurent parmi les principales sources de contamination en arsenic, chrome, mercure ou cadmium. Cet événement suscite une vive attention depuis plusieurs semaines, après l’alerte lancée par des médecins et des associations. On le retrouve non seulement dans les céréales et le pain, mais également dans le chocolat. Ce métal provient notamment des engrais utilisés en agriculture.
Devant la diversité des méfaits de ces métaux, tels que le risque de cancer, les problèmes cardiovasculaires, rénaux, osseux ou neurologiques, les autorités sanitaires préconisent une alimentation variée, mettant spécialement l’accent sur la consommation de poissons ! Ils sont bénéfiques pour la santé, cependant il est recommandé de les consommer avec modération, pas plus de deux fois par semaine. Elles ont récemment lancé une nouvelle étude afin d’améliorer l’évaluation de l’exposition de la population à ces métaux. Les premières conclusions devraient être disponibles dès 2027.
