La Fédération hospitalière de France exhorte à “former des étudiants dans les domaines jugés nécessaires”

Il est impératif de « former des étudiants dans les disciplines qui sont actuellement nécessaires », a déclaré Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF), lors d’une intervention sur Franceinfo le mardi 17 mars. « Nous formons un grand nombre d’étudiants, cependant, la majorité d’entre eux ne choisit pas de se spécialiser en psychiatrie, en gériatrie, en gynécologie ou en pédiatrie. » « Il est impératif, pour les cinq à dix prochaines années, qu’ils soient dirigés vers ces spécialités », ajoute-t-elle.
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D’après le dernier baromètre relatif à l’accès aux soins de la Fédération hospitalière de France, consulté mardi par Franceinfo et ICI, près de trois quarts des Français (73%) ont déjà renoncé à au moins un acte de soin durant les cinq dernières années. Les principaux obstacles identifiés par les répondants sont les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous (59 %), le coût (40 %) ainsi que la distance à parcourir (38 %). « Nous faisons face à une population vieillissante et à une augmentation des maladies chroniques, cependant, la réponse médicale demeure largement insuffisante », met en garde Zaynab Riet. Il existe une insuffisance de cardiologues et de dermatologues, par exemple : « Nous formons un nombre accru de médecins, mais cela demeure insuffisant » dans les spécialités « où les délais d’attente demeurent très conséquents ».
« Ce qui suscite une préoccupation majeure, c’est que ces délais d’attente pour obtenir un rendez-vous s’étendent à l’ensemble des régions de France », ajoute-t-elle. En Normandie ou dans la région Centre-Val de Loire, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un dermatologue dépassent six mois, souligne-t-elle. « Au cours des deux dernières années, 10 % des Français ont renoncé à consulter, ce qui représente sept millions de personnes supplémentaires », constate la déléguée générale. « Cette situation affecte principalement des individus vulnérables, notamment en raison de leur âge », ou des Français souffrant de “maladies chroniques”, précise-t-elle, tout en mettant en exergue l’impact financier associé à ce renoncement.
« L’hôpital public ne sera pas en mesure de continuer d’assumer l’ensemble des dysfonctionnements de notre système de santé », prévient-elle. « Il est manifeste qu’un certain nombre de mesures ont été mises en œuvre depuis 2022, néanmoins, celles-ci s’avèrent insuffisantes pour améliorer l’accès aux soins, ainsi que pour optimiser la répartition des médecins sur tous les territoires. »
Zaynab Riet plaide en faveur de l’instauration d’une véritable loi de programmation en matière de santé, à l’instar de celles qui ont été mises en place pour la justice, la défense et l’Intérieur. Elle appelle également à l’élaboration d’une loi de programmation dédiée au vieillissement de la population, laquelle est souhaitée à l’unanimité par les parlementaires, mais demeure toujours en attente.
