Les enseignants sont en grève ce mardi

Il est opportun de bénéficier de l’existence de cette école publique, cependant, sa qualité se détériore. Le collectif syndical de l’Éducation nationale exprime son inquiétude et encourage à renforcer la mobilisation contre les réductions d’effectifs des enseignants. Une journée de grève nationale est planifiée pour le mardi 31 mars, considérée comme le point culminant de la semaine d’actions entamée le lundi et se terminant le vendredi, selon les explications de Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale de la fédération CFDT Éducation, fournies à franceinfo. Ces dernières semaines, diverses manifestations ont été organisées à travers la France, telles que celle du 17 février à Paris, qui a rassemblé des centaines de participants. Ou encore celle du 10 mars à Bordeaux, où des enseignants et des parents d’élèves ont exprimé leur mécontentement devant le rectorat.
La FSU, l’Unsa, la CFDT, la CGT et SUD remettent en question, dans un communiqué conjoint publié le 20 mars, « les décisions financières du gouvernement », en particulier les 4 000 « réductions d’effectifs » d’enseignants envisagées dans les secteurs public et privé. En septembre 2026, 1 891 postes seront retirés dans l’enseignement primaire public et 1 365 dans l’enseignement secondaire. Catherine Nave-Bekhti dénonce que ces décisions gouvernementales contribuent à une détérioration supplémentaire du service public d’éducation. Aurélie Gagnier, qui occupe les fonctions de cosecrétaire et de porte-parole au sein de la FSU-SNUipp, souligne également l’absence de revalorisation salariale, en mettant en avant le gel du point d’indice depuis 2023. Elle souligne que les enseignants français perçoivent une rémunération inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE, comme elle le rappelle (p.10-11).
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Les organisations soulignent par ailleurs des impacts déjà observables au niveau secondaire (collèges et lycées) tels qu’une augmentation du nombre d’élèves par classe, une diminution de l’offre de formations et des conditions de vie scolaire précaires en raison du manque de ressources. Au niveau du premier degré, c’est-à-dire dans les écoles maternelles et élémentaires, les syndicats prévoient, en prévision des nouvelles cartes scolaires, un nombre significatif de fermetures de classes. Ils exhortent aussi le gouvernement à éviter de répéter le budget de 2026, qui met en péril le système éducatif, pour l’année 2027. Catherine Nave-Bekhti insiste sur la nécessité de mettre en place des initiatives visant à créer des emplois et à améliorer les rémunérations.
En janvier, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a mentionné lors d’une visite à Givors, située au sud de Lyon, une « baisse démographique significative » pour expliquer ces réductions de postes d’enseignants. D’après les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l’Éducation nationale, on prévoit une diminution de 116 800 élèves dans le premier degré à la rentrée 2026, ce qui représente une baisse de 1,9 %. Bien que l’argument d’une baisse démographique soit avancé, il est remis en question et ne peut pas être considéré comme valide. Nos collègues ne disposent pas de la capacité temporelle nécessaire pour prendre en charge un nombre plus élevé d’élèves. Selon Catherine Nave-Bekhti, la poursuite constante du temps pour respecter les échéances des programmes ne favorise pas la fourniture d’un accompagnement de qualité.
Aurélie Gagnier considère que c’est le moment propice pour tirer parti de la diminution de la population scolaire en vue de diminuer le nombre d’élèves par classe afin d’améliorer la qualité de l’éducation dispensée. Elle souligne que la France détient actuellement la plus grande moyenne de taille de classe à l’école primaire en Europe. En réalité, d’après les données officielles du gouvernement, dans les 22 pays de l’Union européenne membres de l’OCDE, une classe de l’école primaire (du CP au CM2) compte en moyenne 22 élèves en France, comparé à une moyenne de 19 élèves. De même, au niveau du collège, on observe qu’une classe typique en France est composée de 26 élèves, alors que la moyenne s’élève à 21 élèves.
La représentante syndicale souligne également la pénurie d’AESH, les accompagnants des élèves en situation de handicap. « Leur effectif est nettement insuffisant même si leur rôle est essentiel pour favoriser l’épanouissement de l’élève au sein du groupe. Cependant, leur situation est instable et nous devons reconnaître l’importance de ces professions », explique Aurélie Gagnier.
