Que dit le Giec sur les effets potentiels de la climatisation

Que dit le Giec sur les effets potentiels de la climatisation
Après une période de fortes chaleurs ayant entraîné des décès, et alors qu’une nouvelle vague de chaleur est attendue, la question de la climatisation est devenue un sujet de débat politique. Certains estiment qu’il est essentiel de généraliser son utilisation, tandis que d’autres prônent une utilisation modérée. Quelles conclusions les études scientifiques tirent-elles sur l’utilisation des systèmes de climatisation pour réguler la température à l’intérieur des habitations et des édifices ? Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une autorité de référence en la matière, aborde à plusieurs reprises ce thème dans son dernier rapport de 2022, notamment dans la section III dédiée à l’atténuation du changement climatique. Cependant, cela ne suffit pas à répondre à toutes les questions soulevées par ces dispositifs.

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Selon le rapport du groupe d’experts, près de 4 milliards d’équipements de refroidissement ont déjà été mis en place à l’échelle mondiale en raison de l’augmentation des températures, et ce chiffre pourrait augmenter pour atteindre 14 milliards d’ici 2050. Le rapport met en avant le risque d’une augmentation significative de la consommation d’énergie à long terme. Selon le Giec, l’un des objectifs consiste à mettre en place des modèles plus économes en énergie et plus efficaces, alimentés par une source d’électricité décarbonée. L’utilisation de la climatisation peut entraîner une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, surtout lorsque celle-ci est alimentée par une source d’énergie à forte intensité carbone.

En février dernier, une étude publiée dans la revue Nature a cherché à évaluer les répercussions de ces systèmes. Selon les auteurs, les émissions totales attribuables à la climatisation pourraient contribuer à une augmentation de 0,05 °C (avec une fourchette de 0,03 °C à 0,07 °C) de la température moyenne mondiale d’ici 2050. Selon un rapport de l’Ademe, en France, la climatisation contribue à hauteur d’environ 4,5 % des émissions totales engendrées par la production d’électricité. Étant largement dominé par l’énergie nucléaire, le mix énergétique de la France entraîne des émissions de gaz à effet de serre moins significatives provenant de la climatisation par rapport à d’autres nations. D’ici à 2035, il est prévu que la production d’électricité à partir de l’énergie photovoltaïque soit adéquate pour répondre aux besoins en alimentation des climatiseurs dans notre pays.

Cependant, selon le rapport du Giec, les hydrofluorocarbures (HFC), qui sont des gaz réfrigérants, pourraient avoir un « impact notable sur le potentiel de réchauffement planétaire », en particulier en cas de fuite provenant d’équipement défectueux. Les auteurs considèrent qu’une diminution graduelle mais rapide de ces émissions en remplaçant les HFC par d’autres technologies de refroidissement est envisageable dans le cadre de l’accord international de Kigali.

Le GIEC ne classe pas la climatisation comme une stratégie d’adaptation au changement climatique, mais plutôt comme une mesure d’atténuation résultant d’un compromis. L’un des effets négatifs observés est une exacerbation de l’îlot de chaleur urbain, due au réchauffement de l’air extérieur par les systèmes de climatisation des édifices. Des simulations ont été effectuées par Météo-France et le CNRS afin d’évaluer les impacts de ces infrastructures pendant les périodes de canicule. En envisageant une période de canicule prolongée de neuf jours, semblable à celle de 2003, les chercheurs ont calculé qu’une utilisation intensive de la climatisation pourrait provoquer une augmentation de la température extérieure allant jusqu’à 2,4 °C durant la nuit, dans les zones affectées. Le rapport du GIEC aborde brièvement la problématique de la pollution sonore associée à ces dispositifs.

Une des solutions parfois suggérées consiste à installer les panneaux solaires sur les toits. Cependant, le Giec souligne que d’autres actions peuvent être entreprises pour atténuer les effets des températures élevées. Par exemple, la mise en place de stratégies telles que la végétalisation des toits et la plantation d’arbres permet de combattre les îlots de chaleur urbains, ce qui a pour effet de réduire la demande en climatisation tout en favorisant la séquestration du carbone. En outre, selon le groupe d’experts, ces façades végétalisées peuvent entraîner une diminution de 26 % du coût énergétique pendant la période estivale.

Le GIEC constate également que les mesures de sobriété sont des solutions économiquement avantageuses qui devraient être considérées tout d’abord pour réduire la demande en refroidissement. Le rapport met en avant tout d’abord la conception des bâtiments, dans le but d’optimiser des éléments tels que « la taille des ouvertures, le volume, les surfaces des murs et des fenêtres, les propriétés thermiques, l’ombrage et l’orientation ». En outre, les arbres et les toitures végétalisées implantés pour combattre les îlots de chaleur urbains permettent de diminuer la consommation d’énergie associée à la climatisation tout en capturant du carbone.

En tout état de cause, il est prévu que le risque de surchauffe augmente à l’avenir en raison du changement climatique. Les populations les plus défavorisées, qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour installer des systèmes de climatisation, ainsi que les individus âgés, sont les plus susceptibles de subir des impacts négatifs.

Le Giec souligne le manque d’études sur l’efficacité de la climatisation dans la réduction de la mortalité due à la chaleur. En 2019, l’utilisation de la climatisation a été associée à la prévention de 195 000 décès parmi les individus âgés de 65 ans et plus, dont 69 500 en Chine, comme indiqué dans un article publié dans The Lancet en 2021. Selon Valérie Masson-Delmotte, ancienne co-présidente du groupe de travail I du Giec, interrogée par ICI Lorraine, cette mesure est considérée comme l’un des moyens d’atténuer la surmortalité lors des périodes de chaleur, bien que cela implique un compromis.


(Article reformulé à l’aide d’IA)

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