Les populations d’animaux sauvages se sont effondrées de 73% depuis 1970

La biodiversité connaît actuellement un déclin sans précédent dans l’histoire de l’humanité, comme le souligne le WWF. Selon la dernière édition du rapport « Planète vivante », publiée le jeudi 8 octobre par une organisation internationale de conservation de la nature, la taille moyenne des populations d’animaux vertébrés sauvages a diminué de 73 % de 1970 à 2022. Une diminution moyenne annuelle de 2,5 % s’est maintenue pendant plus de cinquante ans. Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France, souligne que bien que ce chiffre soit alarmant, il véhicule également un message d’espoir. Lorsque la conservation est menée sur le long terme, avec des ressources humaines et financières adéquates, selon une approche efficace et efficiente, elle peut porter ses fruits. C’est ce qu’elle a souligné lors d’une conférence de presse, en affirmant qu’il est possible d’inverser cette tendance au déclin.
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Tous les deux ans, cette publication de référence évalue l’état de la biodiversité en calculant l’indice Planète Vivante (IPV) à partir des données recueillies à l’échelle mondiale. Pour cette édition récente, 35 803 populations appartenant à plus de 5 790 espèces de vertébrés ont été recensées. Environ la moitié de ces populations sont stables ou en augmentation, cependant ces gains sont compensés par des pertes plus importantes observées ailleurs. Selon ce rapport détaillé, les espèces disparaissent actuellement à un rythme au moins 100 fois plus élevé que le taux d’extinction naturel antérieur à l’apparition de l’homme.
D’un type d’espèce à un autre ou d’une région à une autre, la situation concernant les initiatives de conservation présente des disparités. Yann Laurans, directeur du département de la biodiversité terrestre du WWF, illustre cela en prenant l’exemple des tortues marines. En 2025, la tortue verte a été reclassée de la catégorie « En danger » à « Préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’Union internationale pour conserver la nature (UICN). Bien que plusieurs sous-populations demeurent en danger, notamment dans le Pacifique, le nord de l’océan Indien et en Méditerranée, la situation s’améliore en Guyane. En effet, les pêcheurs locaux ont consenti à observer une période de non-pêche chaque année afin de favoriser la nidification des tortues vertes sur les plages.
Ces efforts commencent à porter leurs fruits. Cependant, en parallèle, dans la région guyanaise, on observe une continuation de la diminution de la population de tortues luth, comme le souligne Yann Laurans. Dans cette région ultramarine, la taille des populations surveillées a diminué de 98 %. Le responsable souligne que le nombre de pontes est passé de 400 par nuit il y a 30 ans à 400 par an, mettant en avant l’impact significatif de la pêche illégale dans cette situation critique.
Au niveau mondial, on constate que le déclin des populations d’espèces marines ralentit en raison des politiques mises en place depuis de nombreuses décennies pour lutter contre la surpêche, comme le rapport le souligne avec un indice de population de vertébrés marins en baisse de -59 % depuis 1970. En revanche, dans les écosystèmes d’eau douce à l’échelle mondiale, on observe une perte de biodiversité estimée à 85 %, correspondant à une diminution moyenne annuelle de 3,6 % des effectifs des populations de poissons, amphibiens, mammifères et oiseaux semi-aquatiques présents dans nos cours d’eau. Le WWF énumère les différentes menaces auxquelles les animaux marins sont confrontés, telles que la pollution, la surexploitation, le changement climatique et principalement la perte de leur habitat due à des activités humaines telles que la construction de barrages ou de route.
En dernier lieu, sur le continent, le rapport met en garde contre « la continuation de la déforestation (…), principalement due à la conversion des terres à des fins agricoles », en attribuant un indice de -69 % aux vertébrés terrestres. On pourrait assimiler la diminution de la taille des populations à une baisse annuelle de 2,3% sur une période de 52 ans.
La région de l’Amérique latine et des Caraïbes présente le taux le plus préoccupant de perte de biodiversité, avec une diminution de 95 % de la population des espèces étudiées depuis 1970. Le rapport souligne que des facteurs tels que la conversion des prairies, des forêts et des zones humides, la construction de barrages sur les cours d’eau, la surexploitation des espèces, le changement climatique et les maladies ont tous contribué à cette baisse significative. En Europe et en Amérique du Nord, les indices de déclin de la biodiversité sont moins alarmants, avec des baisses de 23 % et 28 % respectivement. Le WWF souligne que dans ces régions, une proportion significative de la biodiversité était déjà en situation de fragilité en 1970, année de référence.
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Pourtant, le rapport « Planète vivante » souligne que cet effondrement n’est pas inévitable. Il souligne que l’humanité a réussi à prévenir l’extinction du tigre dans la nature. Selon Yann Laurans, de 2010 à 2025, le nombre de ces individus a cessé de diminuer, passant d’environ 3 200 à 5 700. Il souligne également que ce chiffre est significatif en comparaison avec les 100 000 individus présents un siècle plus tôt. Après avoir quasiment disparu d’Europe occidentale, la cigogne noire est en train de recoloniser la France. Ainsi, il a dû assister les propriétaires forestiers dans la gestion durable de leurs forêts, en veillant notamment à la préservation des vieux arbres, comme l’explique le responsable. Ces actions ont permis le retour d’animaux très dépendants des écosystèmes de forêts anciennes, tels que la cigogne noire. Malgré le fait qu’elle soit toujours en situation de vulnérabilité en France, l’espèce compte actuellement de 70 à 90 couples reproducteurs.
La restauration des écosystèmes, la transition vers des pratiques agricoles et énergétiques durables, ainsi que l’élimination des subventions considérées comme préjudiciables pour l’environnement, sont des mesures essentielles à prendre. Le document est assorti d’une série de propositions qui vont au-delà des mesures de préservation. Selon Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, la clé réside dans l’intégration de la biodiversité dans toutes les politiques publiques.
Un principe démontré à travers l’exemple de la loutre européenne. La restauration des zones humides et l’amélioration de la qualité de l’eau ont permis à une espèce autrefois en danger de se rétablir. Ces politiques ont des effets bénéfiques non seulement sur la santé humaine, mais aussi sur la prévention des sécheresses et des inondations, phénomènes dont les coûts économiques augmentent.
En mettant en lumière la vulnérabilité de nos forêts, de nos zones urbaines et de notre secteur agricole aux risques climatiques, les événements catastrophiques de l’été 2026 ont engendré, selon Véronique Andrieux, « une prise de conscience de notre vulnérabilité collective ». Elle souligne qu’il est essentiel de prendre en compte les causes structurelles de la perte de biodiversité lors des efforts de conservation, car ignorer ces causes ne mènera pas au succès. Elle met en avant le fait que la crise combinée du climat et de la biodiversité ne doit pas être considérée comme un problème marginal ou secondaire. Elle occupe une place centrale dans nos vies, notre santé, notre sécurité, notre approvisionnement énergétique et la production de notre alimentation, affirme-t-elle. Tout repose sur cette base du vivant.
(Article reformulé à l’aide de l’IA)
