Suisse

Une colère sociale qui gronde aussi en Suisse ?

Une colère sociale qui gronde aussi en Suisse ? Des poubelles incendiées dans la rue à Zurich lors de la manifestation non autorisée du 31 octobre 2026. (KEYSTONE / CHRISTIAN BEUTLER). Image d’illustration.


La colère a envahi la Suisse durant ce week-end. Au cours de la soirée du samedi, coïncidant avec les festivités d’Halloween, plusieurs centaines d’individus se sont réunis à Zurich et, dans une moindre mesure, à Bâle. Les deux manifestations non autorisées ont été marquées par des actes de violence et de vandalisme. Les forces de l’ordre ont répondu par l’utilisation de canons à eau, de gaz lacrymogène et de projectiles en caoutchouc. Deux jeunes hommes ont été interpellés. D’après les premières évaluations, relayées par 20 Minuten, les dommages occasionnés à Zurich seraient estimés à plusieurs dizaines de milliers de francs.

« Dans les deux villes alémaniques, les manifestants faisaient allusion aux mouvements de jeunes en France ainsi que dans d’autres pays européens », note Le Temps. Au cours des dernières semaines, des manifestations, dont certaines ont revêtu un caractère violent, se sont déroulées dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie et au Royaume-Uni.

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Lors d’une interview accordée à la RTS, la porte-parole de la police municipale de Zurich a précisé que les fêtards habituels de la Langstrasse, un lieu emblématique de la vie nocturne, avaient été rejoints par des militants d’extrême gauche ainsi que par des individus aux comportements destructeurs.

« Elle a évoqué l’existence de ce que l’on désigne comme des ‘touristes des émeutes’, qui seraient venus dans l’intention de participer aux manifestations. Elle a également souligné qu’avant les événements, de nombreux appels à la mobilisation avaient été diffusés sur les réseaux sociaux, relayés par les médias. » Tamedia indique que « des activistes d’extrême gauche ont lancé un appel à ‘soulèvement de la Suisse’ et à ‘résonner avec les émeutes’ sous le slogan ‘L’esprit de la révolte souffle sur l’Europe’ ».

La Jeunesse socialiste, qui appelle également à une grève nationale des jeunes le 20 novembre, identifie des similitudes entre les mouvements observés dans divers pays.

D’après Thomas Bruchez, élu socialiste genevois, interrogé lors de l’émission Forum de la RTS dimanche, la Suisse ne fait pas exception. Il déclare : « En Suisse, nous avons amplement de motifs pour exprimer notre colère. » Nous évoluions dans un contexte similaire concernant les mesures d’austérité. Des réductions budgétaires sont appliquées dans tous les secteurs, à l’exception de l’armée. Il est particulièrement ardu de trouver un logement. L’assurance maladie connaît une augmentation annuelle, atteignant des niveaux considérables.

Il a précisé : « La lame de fond se manifeste par cette attaque systématique dirigée contre les services publics, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la lutte contre le changement climatique, qui sont tous concernés de manière similaire. » C’est pourquoi la jeunesse s’insurge.

Également membre du Parti socialiste, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a, pour sa part, exprimé sa condamnation à l’égard de la « violence gratuite » survenue durant le week-end, lors de son intervention dans la Matinale de la RTS.

Tout en admettant que « le schéma politique traditionnel ne satisfait peut-être pas les attentes des jeunes », elle a souligné que le contexte suisse diffère considérablement de celui de la France. « En France, il est observable que l’absence d’investissement dans la formation ou dans les infrastructures destinées aux jeunes engendre, à un moment donné, un effet boomerang, ce qui n’est pas le cas dans notre pays. »

« En examinant la qualité des infrastructures mises à disposition des collégiens, il apparaît que le contexte est nettement distinct », a déclaré Alexis Couniniotis, président des Jeunes PLR (droite libérale) genevois, lors du journal télévisé de 19 h 30 de la RTS. « Il est inapproprié de transposer ces problématiques, ainsi que les modalités de réponse qui leur sont associées. » Nous disposons actuellement d’instruments démocratiques tels que des initiatives, des référendums et des pétitions.

Deux criminologues consultés par 20 Minutes s’accordent à affirmer que les contextes suisse et français sont fondamentalement incomparables. Ahmed Ajil, professeur assistant en criminologie à l’université de Lucerne, considère que la Suisse constitue un environnement moins propice à l’émergence de groupes d’extrême gauche. Il souligne que « le système scolaire fonctionne de manière efficace, qu’il existe une moindre frustration au niveau local et qu’il n’y a pas ici la même concentration de population ». Par ailleurs, Dirk Baier, spécialiste de la violence juvénile, indique également que « la violence ne découle pas non plus de jeunes en situation de rupture ou victimes de discrimination ».

Les analystes s’accordent généralement à dire qu’il existe une divergence d’opinion concernant les aspects politiques et sociaux des émeutes survenues le week-end dernier en Suisse. Alors que Dirk Baier se concentre exclusivement sur l’idée de « faire l’expérience de la violence », Ahmed Ajil souligne, en revanche, que « les groupes d’extrême gauche perçoivent la commission de dégradations comme une réaction à la violence structurelle, telle que les livraisons d’équipements militaires, la pauvreté ou la marginalisation ».

Judith Bühler, chercheuse spécialisée dans le domaine de la radicalisation à la Haute école des sciences appliquées de Zurich, affirme dans le Tages-Anzeiger : « Il s’agit d’un phénomène largement reconnu au sein de divers courants extrémistes : fréquemment, les revendications fondamentales sont utilisées de manière instrumentale pour légitimer leurs propres actes de violence. »

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Un éditorial de la Luzerner Zeitung souligne qu’il n’y avait « ni message, ni objectifs, mais uniquement une quête de violence ». Selon l’auteur, « ce sont principalement les milieux traditionnellement portés à la violence, tels que les autonomes de gauche et certains opportunistes, qui sont à l’origine de cette dynamique.” Ils s’approprient les slogans et l’esthétique des mouvements de contestation en France et à l’étranger dans le but de conférer une dimension politique à leur désir de destruction.

La SRFL évoque quant à elle « l’alliance entre les idéologues et les fauteurs de trouble ». Dans cette analyse, il est indiqué que « le noyau dur du mouvement, guidé par une idéologie violente, considère manifestement les manifestations violentes comme une opportunité favorable à la révolution ». Cette tendance à recourir à la violence résonnerait « auprès d’une fraction de la jeunesse contemporaine ».

Selon Manuel Eisner, criminologue à l’université de Cambridge, interrogé par la NZZ, les jeunes peuvent être séduits par la violence comme « lors d’une émeute, le rapport de force s’inverse. » Les jeunes ressentent subitement un sentiment de maîtrise. Cependant, cela n’implique pas que les émeutes soient dépourvues de lien avec la sphère politique. Bien que ces émeutes ne s’inscrivent pas dans le cadre d’un programme politique défini, elles trouvent leur origine dans un profond mécontentement des jeunes à l’égard du système éducatif, du marché du logement et des forces de l’ordre.

Manuel Eisner souligne également qu’avec l’avènement des réseaux sociaux, il est désormais « extrêmement aisé de nouer des contacts ». Selon ses propos, cela pourrait encourager une propagation des manifestations violentes en Europe, bien que l’évolution de la situation demeure incertaine.


(Aticle reformulé à l’aide de l’IA)

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