Les entreprises françaises continuent d’embaucher !
Les recrutements se maintiennent en France, un phénomène en apparence paradoxal au regard du contexte économique. Pourtant, bel et bien observé par les services de l’Urssaf, l’organisme en charge de la collecte et de la redistribution des cotisations sociales. Il s’agit là d’un observatoire de premier ordre, car le montant des cotisations collectées auprès des entreprises et des salariés constituent un indicateur fiable : à mesure que le nombre d’emplois augmente, les cotisations augmentent également ; à l’inverse, en cas de diminution des emplois, les cotisations diminuent. Il va de soi.
Quelles sont les déclarations de l’Urssaf ? Le nombre de déclarations d’embauche de plus d’un mois (hors intérim) a enregistré une hausse d’environ 2 % durant le second trimestre (d’avril à juin) par rapport au trimestre précédent. Entre avril et juin, ce sont précisément 2 350 000 recrutements de salariés effectués par les entreprises françaises.
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Ce changement est-il réel lorsqu’on examine les données sur une période plus étendue ? C’est une tendance haussière observée depuis le début de l’année, après plusieurs mois consécutifs de baisse depuis la mi-2022. La progression est d’autant plus notable qu’elle est soutenue par la dynamique des embauches en CDI (contrats à durée indéterminée) : une hausse de 4 % en l’espace de trois mois. En revanche, on observe une diminution d’approximativement 1 % des embauches en contrat à durée déterminée (CDD). Le taux de contrats à durée indéterminée (CDI) dans les embauches atteint en moyenne 52 %, un niveau sans précédent selon l’Urssaf.
Comment interpréter cette tendance en matière de recrutements dans un contexte économique et politique rempli d’incertitude ? Lorsqu’on examine de près la situation, il apparaît que la majorité des recrutements ont lieu au sein des petites et moyennes entreprises, celles comptant moins de 20 employés. Le taux est nettement inférieur au sein des grandes entreprises. Il apparaît ainsi que, en dépit des incertitudes entourant l’évolution de la conjoncture, les petites entreprises se trouvent dans l’obligation de satisfaire des commandes, bien que certains secteurs, tels que le bâtiment, demeurent complexes.
Cela témoigne de la résilience de l’économie française, notamment en matière de créations d’entreprises. En effet, au premier semestre, l’Insee a enregistré 575 000 nouvelles immatriculations de sociétés, y compris les microentreprises, auprès du registre du commerce. Le niveau est analogue à celui de l’année précédente.
