Plan vélo : le chemin est encore long, notamment dans les zones rurales
Alors que le Tour de France s’élance samedi 1ᵉʳ juillet, la pratique du vélo reste encore très associée aux loisirs dans l’imaginaire collectif. Le but : développer « une culture du vélo dans tous ses aspects », selon le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu.
En 2022, la pratique du vélo a augmenté de 8 % par rapport à 2021 et de 31 % en comparaison à 2019, selon un bulletin de fréquentation de l’association Vélo & Territoires, qui rassemble des collectivités engagées pour le vélo, publié en janvier. L’argent engagé est loin d’être suffisant : « On estime que la France va dépenser 19 euros, tout niveau confondu, par an et par habitant pour le vélo. Pour avoir une politique de rattrapage correcte, il faudrait au minimum dépenser 30 euros par an et habitant », pondère Camille Thomé, directrice de Vélo & Territoires.
« Même si tout cela n’est pas suffisant et qu’il reste énormément de choses à faire, ne boudons pas notre plaisir », tempère auprès de franceinfo Marie Huyghe, consultante en mobilité.
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Distances plus longues qu’en ville, absence de pistes, dangerosité des routes… la pratique du vélo fait encore face à de nombreux freins, à la campagne et dans les zones péri-urbaines. « Nous voulons notamment développer des axes structurants, des liaisons sécurisées pour les vélos entre les villes », détaille auprès de franceinfo Schirel Lemonne, conseillère départementale d’Ille-et-Vilaine déléguée au plan vélo.
C’est justement le travail engagé par la communauté de communes d’Erdre & Gesvres, qui regroupe 17 communes de Loire-Atlantique, département avant-gardiste en matière de vélo. « Nous avons adopté un plan vélo à 9 millions d’euros en 2021, avec l’ambition de diminuer la part de la voiture dans les déplacements, alors que la moitié des actifs travaillent sur Nantes », détaille Sylvain Lefeuvre, vice-président de l’intercommunalité en charge des mobilités.
Un constat partagé par Florian Maitre, vice-président en charge des mobilités de la communauté d’agglomérations Grand Lac, près de Chambéry (Savoie) : « le vélo électrique est bien adapté à notre territoire semi-rural et semi-urbain, avec du dénivelé ». Florian Maitre ne note pas de « réticences » sur son territoire, soulignant l’importance « de ne pas miser que sur le vélo, mais de favoriser également les transports en commun ».
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Le vélo ne pourra se développer sur tout le territoire que si les efforts sont continus. « On l’a vu avec le premier plan vélo du gouvernement : certains territoires ont lancé leurs propres plans vélos et n’ont plus eu de budget au bout de trois ans, les projets se sont cassé la figure », souligne Marie Huyghe. « Il y a une schizophrénie de la politique du gouvernement, qui veut développer le vélo, mais investit aussi dans de nouveaux projets routiers qui privilégient l’étalement urbain », souligne Thibault Quéré.
