La Hongrie de Viktor Orban n’a fait “aucun progrès”

La Commission européenne a publié, le 8 juillet, son sixième rapport annuel sur l’État de droit dans les 27 pays de l’UE, soulignant que la Hongrie n’a fait « aucun progrès » concernant la transparence de la justice, l’indépendance des médias et la protection de la société civile. Ce constat s’inscrit dans un contexte où le régime de Viktor Orban est sous le feu des critiques de Bruxelles depuis plusieurs années.
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Le rapport fait état d’une dégradation de la situation en Hongrie, au point où le Parlement européen a déclaré en 2022 que le pays ne pouvait plus être considéré comme une démocratie, mais plutôt comme un « régime hybride ». La Commission a noté l’absence de progrès dans l’amélioration de la transparence des systèmes judiciaires, notamment pour l’attribution des dossiers dans les tribunaux de première instance.
Elle appelle également à des enquêtes et des poursuites concernant la corruption de haut niveau. Le rapport déplore aussi le manque de progrès pour lever les obstacles auxquels font face les organisations de la société civile. En outre, l’exécutif européen recommande à Budapest de renforcer les règles pour améliorer la gouvernance et l’indépendance éditoriale des médias publics. Sur le plan financier, l’UE a déjà gelé 18 milliards d’euros de fonds destinés à la Hongrie en raison de préoccupations concernant les droits des personnes LGBT+, des demandeurs d’asile, ainsi que des questions liées aux marchés publics et aux conflits d’intérêt.
La situation s’est intensifiée avec l’adoption d’une nouvelle législation hongroise limitant les droits des personnes LGBT+ et l’interdiction de la marche des fiertés à Budapest, qui a suscité une vaste mobilisation de 200 000 personnes dénonçant cette régression des droits au sein de l’UE. Viktor Orban a qualifié cette manifestation de « honte » deux jours après l’événement. En réponse au rapport, le gouvernement hongrois a dénoncé ce qu’il considère comme une ingérence dans ses affaires intérieures. Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement, a affirmé que ce rapport était le dernier chapitre d’une tentative permanente de la Commission européenne de saper les réalisations de l’administration Orban et d’imposer un contrôle politique sur la Hongrie.
Il a également accusé la Commission de financer un réseau d’ONG visant à déstabiliser le pays. Le rapport de la Commission se penche par ailleurs sur les progrès d’autres pays de l’UE en matière d’État de droit, comme la France, reconnue pour ses avancées dans les domaines numérique, judiciaire et de la transparence des médias, tout en étant encouragée à poursuivre ses efforts.
Nous europeens somme en droit de nous poser la question qui est : pourquoi la Hongrie est encore dans l’Union européenne ?
