L’Europe menacée d’hivers polaires au siècle prochain

L'Europe menacée d'hivers polaires au siècle prochain
meteosuisseadminch

Nous sommes le vingt-sept janvier deux mille cent seize. Depuis plusieurs jours, la capitale est prise dans une vague de froid polaire. Cela tend à devenir une habitude. Actuellement, à Paris, les températures descendent en dessous de zéro pendant trois mois par an. La température avoisine les -20 degrés. La Seine est gelée et une vague de froid touche l’ensemble du nord de la France. L’activité économique est actuellement à l’arrêt. De nombreuses voies de circulation sont interrompues en raison de la formation de verglas. Il est prévu que la situation perdure pendant plusieurs jours supplémentaires.

En Europe du Nord, les températures extrêmement basses se succèdent. Des températures aussi basses que -30 degrés ont été enregistrées à Strasbourg, Berlin ou Edimbourg, et même jusqu’à -50 degrés à Oslo, en Norvège. Considérez-vous ce scénario catastrophe comme étant irréaliste ? Il ne l’est pas autant que cela. Un nombre croissant de scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Au cours du siècle à venir, ces périodes de froid intense se manifesteront sûrement de manière récurrente dans le nord de l’Europe. La responsabilité incombe à l’effondrement de l’AMOC.

À consulter >> Le gouvernement va suspendre les importations de produits d’Amérique du Sud

Afin de faciliter la compréhension, nos équipes vous conduisent le long des côtes de l’océan Atlantique. L’Amoc, acronyme anglais pour la Circulation Méridienne de Retournement de l’Atlantique, est un système étendu de courants marins profonds de grande intensité qui traverse l’océan Atlantique et exerce une influence directe sur le climat européen. Dans l’océan Atlantique, les eaux de surface chaudes se déplacent du Sud vers le Nord. En traversant les régions tropicales, elles transportent de la chaleur vers l’Europe. C’est ce phénomène qui contribue à la relative douceur de nos hivers, malgré la latitude comparable à celle du Canada dans le nord de notre continent.

Cependant, l’Amoc ne se limite pas à cela. En progressant vers le pôle Nord, ces eaux chaudes subissent un refroidissement et une augmentation de leur densité. Plus massives, elles descendent jusqu’à une profondeur de 4 000 mètres avant d’entamer un long voyage vers le Sud et d’autres océans. L’existence de l’AMOC dépend de la présence de cette grande boucle. Sans la circulation atmosphérique méridienne d’Amoc, l’Europe ne bénéficierait pas de conditions hivernales clémentes.

Le souci réside dans le fait que l’Amoc présenterait des signes de vulnérabilité. Dans la région nord de l’Atlantique, le phénomène du réchauffement climatique perturbe le processus de refroidissement des eaux chaudes, ce qui limite leur capacité à plonger en profondeur, entraînant ainsi un ralentissement de la circulation océanique. D’après des chercheurs, l’AMOC risque de s’effondrer au cours du siècle prochain, avec une diminution pouvant atteindre 20 % de son débit initial. Les répercussions pourraient être catastrophiques. Pendant la saison hivernale, parfois, la glace recouvre les côtes de l’Europe jusqu’à l’océan. La glace de la banquise parvient sûrement jusqu’aux côtes de l’Angleterre et des Pays-Bas. Cependant, tout n’est pas encore décidé. Le destin de l’Amoc est étroitement lié à nos émissions de gaz à effet de serre et à l’ampleur du réchauffement futur. Nous avons encore la possibilité d’agir, mais cette opportunité pourrait bientôt nous échapper.

N'hésitez pas à nous suivre et à nous aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *