De plus en plus de restaurants rapides s’intéressent au marché halal

L’entreprise américaine de restauration rapide KFC, connue pour sa spécialisation dans le poulet frit, prévoit de convertir plusieurs de ses restaurants en France au régime alimentaire halal à compter du 21 janvier 2026. D’après les données de l’Observatoire de la franchise, le secteur de la restauration rapide halal, qui se réfère à l’utilisation de produits conformes aux préceptes de l’islam, représente un chiffre d’affaires d’environ deux milliards d’euros en France. Il suscite un intérêt croissant de la part des consommateurs. Afin de satisfaire cette demande croissante, KFC prévoit de mettre en place des menus entièrement halal dans 24 de ses restaurants en France, parmi les 400 que l’enseigne possède dans l’Hexagone.
D’après Nicolas Nouchi, qui est le fondateur d’une entreprise de conseil en stratégie de restauration, la conversion d’un établissement de restauration rapide au halal entraîne généralement une augmentation moyenne de 30 % de son chiffre d’affaires.
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Avant l’arrivée de KFC, l’enseigne Five Guys, qui se spécialise dans les hamburgers, a introduit avec succès des menus 100% halal dans certaines de ses filiales, une pratique également adoptée par Quick depuis de nombreuses années. La franchise de restaurants Pizza Hut a initié une période d’essai pour une gamme de produits halal. Ainsi, ce phénomène est de plus en plus répandu. Il s’agit en fait d’un marché beaucoup plus vaste que celui de la restauration uniquement. D’après les données du cabinet NielsenIQ, plus de 25% des foyers font des achats de produits halal, ce chiffre étant en augmentation. Ces achats ne sont pas seulement dictés par des considérations religieuses, mais également par des facteurs économiques, en particulier en raison de prix souvent plus avantageux, notamment pour la viande de poulet.
Les entités chargées d’analyser les comportements d’achat observent que les principaux acheteurs sont principalement des ménages urbains à revenus modestes. Ainsi, le public ciblé englobe un spectre bien plus large que la seule communauté musulmane. Cependant, il est ardu d’être plus spécifique, étant donné que la collecte de données ethniques est interdite en France.
Les supermarchés se lancent également dans ce secteur, en proposant une gamme de produits de charcuterie, de surgelés, de plats préparés, de sauces et de confiseries de plus en plus variée. Il convient de ne pas les mettre excessivement en avant pour éviter les controverses, étant donné la sensibilité du sujet. En témoigne les appels au boycott dont est l’objet KFC depuis l’annonce de l’introduction de menus halal.
L’abattage rituel des animaux en France fait l’objet d’une série de dérogations prévues par le droit de l’Union européenne, autorisant l’abattage des animaux de boucherie conformément aux rites religieux (principalement : rite musulman : viande halal, ou juif : viande cachère). La principale dérogation consiste en la possibilité d’égorger l’animal encore conscient alors que le droit commun exige un étourdissement préalable, pour autant que l’abattage soit effectué dans un abattoir.
Conçue pour tenter de concilier intérêt économique et le respect de la liberté religieuse, cette dérogation fait l’objet de nombreux débats de société, au nom du bien-être des animaux (l’animal étant conscient au moment de la mort) et du principe de séparation des Églises et de l’État.
