L’adhésion de la Serbie et de l’Albanie à l’UE freinée

Leur aspiration à rejoindre l’Europe est forte, cependant la route à parcourir reste ardue. En Albanie, 92 % des résidents sont en faveur de l’adhésion à l’Union européenne. Alors qu’en Serbie, les membres de la classe politique encouragent l’adhésion à l’Union européenne, seulement 40 % de la population y est favorable. Les déclarations de la commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, le 3 février 2025, indiquent un progrès significatif : « Pour la première fois en dix ans, il est envisageable de mener un ou plusieurs pays jusqu’à la conclusion des négociations d’ici la fin de ce mandat », c’est-à-dire d’ici 2030.
Malgré le dépôt des candidatures de l’Albanie et de la Serbie il y a environ 17 ans, de nombreux obstacles persistent. Les affaires politiques internes de ces deux nations demeurent fortement perturbées par des affaires de corruption et des scandales. Les capitales de ces pays, à savoir Tirana et Belgrade, sont fréquemment paralysées par des manifestations.
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Depuis presque deux ans, la Serbie est le lieu d’un mouvement de protestation. Il est venu au monde à Novi Sad, la deuxième ville du pays, après l’effondrement du auvent de la gare, causant la mort de 14 individus, parmi lesquels un enfant âgé de 6 ans. La société civile serbe est profondément choquée, pointant du doigt la corruption comme étant à l’origine de cette tragédie. Des manifestations de grande envergure ont débuté à Novi Sad, se sont ensuite propagées à Belgrade, pour finalement s’étendre à l’ensemble du pays. Pendant une période dépassant un an et demi, ces manifestations ont été principalement coordonnées par des étudiants plutôt que par des partis politiques. Elles revendiquent la justice pour les victimes de Novi Sad, dénoncent la corruption et appellent à la démission du président Aleksandar Vučić. L’emblème du mouvement se matérialise sous la forme d’une main ensanglantée, représentant aux yeux des protestataires la responsabilité du pouvoir.
Après une période prolongée sans communication, le président serbe Aleksandar Vučić a pris tout le monde par surprise en annonçant sa démission le 27 juin dernier. Il n’a pas spécifié la date exacte de son départ, se contentant de mentionner un départ « d’ici quelques semaines », tout en laissant entendre la tenue d’élections anticipées et la possibilité de revenir au poste de Premier ministre. Selon les étudiants et l’opposition, cette déclaration est perçue comme une manœuvre politique visant à maintenir le pouvoir, malgré le fait que son mandat présidentiel aurait dû prendre fin en mars 2027. Selon Radomir Lazovic, coprésident du Front vert-gauche (ZLF), ces actions sont juste des manœuvres de diversion visant à donner l’illusion d’une réelle action. Cette déclaration a été faite le 6 juillet dernier lors d’une intervention sur la chaîne d’information serbe N1.
En Albanie, la famille Trump est à l’origine d’un mouvement de contestation qui gagne en intensité. Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et un investisseur américain, manifeste un intérêt pour cet État d’Europe du Sud-Est, où il développe un projet touristique haut de gamme en collaboration avec le gouvernement albanais. Ce projet est localisé dans le village de Zvërnec, à proximité de la lagune de Narta, en bordure de la mer Adriatique, sur la côte sud-ouest du pays. Cette lagune est située dans une zone protégée qui est une composante du parc national de la rivière sauvage de la Vjosa. Cette région abrite diverses espèces d’oiseaux protégées, parmi lesquelles environ 3 000 flamants roses font escale lors de leur migration.
La contestation est désignée sous le terme de « révolution des flamants roses ». Le 23 mai dernier, des résidents ont protesté contre ce projet touristique, ainsi que contre un processus perçu comme opaque et corrompu. Ils critiquent les violations des zones protégées, les litiges sur les droits de propriété, les permis de construire non divulgués ou contestés, etc. Par la suite, le mouvement se propage à Tirana, la capitale, avant de s’étendre à l’ensemble du pays. Depuis plus d’un mois, la colère s’est propagée au sein de la diaspora albanaise, présente notamment en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas et en France.
Cette contestation vise directement le Premier ministre albanais Edi Rama. Il est inculpé de corruption, de pratiques de gouvernance déficientes et de manipulation des médias par le biais d’oligarques liés au pouvoir. Les protestataires exigent qu’il démissionne. Cependant, les manifestants critiquent le système politique en place en Albanie. Ils émettent également des critiques à l’égard du principal parti d’opposition, à savoir le Parti démocratique d’Albanie. Il semble que le socialiste Edi Rama et le démocrate Sali Berisha fassent partie du même système politique, hérité de la fin du communisme dans les années 1990.
En Albanie ainsi qu’en Serbie, les régimes actuels paraissent relever du passé. Edi Rama, qui occupe le poste de Premier ministre en Albanie depuis treize ans, est associé à un héritage politique sujet à controverse. Fondé en 1991, le Parti socialiste d’Albanie (PSSh) représente la continuité politique du parti communiste unique dirigé par le dictateur Enver Hoxha. En Serbie, le Parti progressiste serbe (SNS), établi en 2008, a émergé d’une division du Parti radical serbe, un mouvement ultranationaliste d’extrême droite qui défendait l’idée de la Grande Serbie sous le régime de Slobodan Milošević. Ces formations sont fortement influencées par l’héritage politique de la fin des années 1990 et de l’après-communisme. La génération Z se sent désorientée et aspire à d’autres formes d’engagement, comme celles observées lors des mobilisations de Novi Sad et de la lutte des flamants roses de Vlora.
Les étudiants serbes et les écologistes albanais incarnent une opposition distincte par rapport aux partis politiques classiques. En Serbie, les étudiants ne sont pas encore directement impliqués dans la sphère politique, comme en témoigne leur absence de réaction à la décision de Vucic de convoquer des élections anticipées, à la fois législatives et présidentielle. En Albanie, les manifestations récentes n’ont pas encore eu d’impact sur les résultats électoraux. Cependant, la formation de nouveaux partis politiques pourrait être considérée comme une évolution naturelle.
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Le pays voisin du Monténégro constitue un cas intéressant à étudier. Le mouvement “L’Europe maintenant !” Le Parti de l’Espoir et du Renouveau (PES), une formation politique centriste, favorable à l’Union européenne, défendant les idées libérales et luttant contre la corruption, a vu le jour en 2022. En un temps record, les deux fondateurs ont remporté les élections clés : Jakov Milatovic a été élu président de la République et Milojko Spajic a remporté les élections législatives, puis a été désigné Premier ministre. Les partis conventionnels, issus de l’ancienne Yougoslavie communiste et fréquemment critiqués pour des affaires de corruption, ont été complètement évincés. Par la suite, le Monténégro a notablement intensifié son processus de candidature à l’Union européenne.
Est-ce que la Serbie et l’Albanie vont emprunter la même voie que le Monténégro ? Pour maintenir leurs chances d’adhésion à l’Union européenne, la Serbie et l’Albanie doivent promptement résoudre les crises politiques en cours et s’engager activement dans la lutte contre la corruption. Les écologistes en Albanie bénéficient du soutien d’une diaspora importante établie en Europe occidentale. Cette diaspora, qui adhère au mouvement de la « révolution des flamants roses », réside en Europe depuis plusieurs générations et a acquis une compréhension approfondie des normes et des valeurs de l’Union européenne. Évidemment, une fraction significative de cette diaspora ne souhaite plus soutenir une Albanie affectée par la corruption. Cependant, actuellement, les obstacles rencontrés par les sociétés des Balkans éloignent davantage la Serbie et l’Albanie du processus d’intégration européenne.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
