En réponse aux pressions commerciales des États-Unis, Emmanuel Macron plaide en faveur du principe de la “préférence européenne”

Selon le président Emmanuel Macron, les pressions commerciales et les intimidations émanant des États-Unis ne sont pas encore terminées. Il met en garde contre le risque que les Européens soient confrontés à des conséquences graves s’ils ne mettent pas en place une politique de « préférence européenne » dans certains secteurs stratégiques. Ces déclarations ont été rapportées dans une interview publiée le mardi 10 février par divers journaux européens. Dans divers journaux tels que Le Monde, The Economist et la Suddeutsche Zeitung, le président français a mis en garde contre ce qu’il a décrit comme « une forme de lâche soulagement » parmi les dirigeants des pays de l’Union européenne à la suite de la crise avec Donald Trump.
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On observe la présence de menaces et d’intimidations. Soudainement, Washington se retire brusquement. Il est communément admis que la situation est terminée. Cependant, il ne faut en aucun cas y croire. Chaque jour, il a déclaré que les menaces pesant sur le secteur pharmaceutique et le domaine numérique sont en augmentation. D’après son point de vue, en cas d’agression manifeste, il est inapproprié de se soumettre ou de chercher un compromis. Cette approche a été testée pendant plusieurs mois sans succès. Selon lui, elle guide de manière stratégique l’Europe vers une augmentation de sa dépendance.
À l’approche des réunions des dirigeants européens cette semaine concernant la compétitivité et l’industrie, il préconise la nécessité de « simplifier » et « d’approfondir le marché unique » de l’Union européenne, ainsi que de « diversifier » les partenariats commerciaux. En particulier, il insiste sur la nécessité de défendre notre secteur industriel sans recourir au protectionnisme, en favorisant certains domaines stratégiques tels que les cleantechs, la chimie, l’acier, l’automobile ou la défense, afin d’éviter que les acteurs européens ne soient évincés. Une proposition qu’il défend depuis longtemps et pour laquelle la Commission européenne a présenté des propositions similaires lundi.
Le chef de l’État réitère également la proposition d’une mutualisation des dettes au niveau européen, une idée soutenue par la France depuis longtemps mais constamment rejetée par d’autres pays, sauf dans de rares cas, notamment pour faire face à la pandémie de Covid-19. Il estime les besoins d’investissement publics et privés dans l’Union européenne à 1 200 milliards d’euros par an. Pour conclure, Emmanuel Macron a soutenu le programme du futur avion de combat européen (SCAF). Désigné comme un « bon projet » par le président, cet avion futur issu de la coopération militaire franco-allemande est prévu pour remplacer les Rafale français ainsi que les Eurofighter allemands et espagnols d’ici 2040.
