Il est impératif de modifier la législation concernant ce solvant, car la protection du consommateur n’est pas assurée

Une des recommandations souligne l’importance d’accroître la transparence concernant l’utilisation de l’hexane dans le processus de production d’huile végétale. Le rapport critique une réglementation jugée insuffisante. Le député du parti MoDem Richard Ramos préconise que les consommateurs soient avisés, via les étiquettes, de la présence de solvant dans les huiles, les œufs ou le lait.
Il est essentiel d’informer le consommateur au minimum, car il n’est pas conscient de l’ajout de pétrole dans l’huile, suivi de l’utilisation de produits pour tenter de le retirer. Richard Ramos dénonce le fait qu’aucun des agriculteurs, y compris ceux pratiquant l’agriculture conventionnelle, n’était informé de l’incorporation de pétrole dans l’alimentation animale.
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En effet, il est possible que des traces d’hexane se retrouvent occasionnellement dans les aliments destinés aux animaux, puis se transmettent dans les produits laitiers et les œufs. Les parlementaires réclament une augmentation des études sur les impacts de ce solvant dérivé du pétrole, ainsi qu’un programme d’investissement visant à substituer l’hexane, d’autant plus que des solutions de remplacement sont disponibles. Selon les rédacteurs du rapport, il s’agit d’une problématique de santé publique.
L’hexane est proscrit dans les spécifications des produits biologiques. Richard Ramos espère que l’on pourrait envisager d’interdire cette pratique. Les rédacteurs du rapport expriment des regrets quant à l’absence actuelle de limite maximale de résidus pour l’hexane dans les produits d’origine animale. 
Après la mission flash de l’Assemblée portant sur l’impact économique de l’utilisation d’hydrocarbures dans la fabrication et la commercialisation des huiles alimentaires, des parlementaires prévoient de présenter une proposition de loi visant à réglementer l’usage de l’hexane. Certains plaideront en faveur de l’interdiction totale de ce dérivé du pétrole, utilisé depuis plus de 50 ans par certains acteurs de l’industrie. Suite aux investigations menées par la cellule d’investigation de Radio France et l’ONG Greenpeace, il est maintenant établi que des traces d’hexane, un dérivé du pétrole employé dans le processus de production des huiles végétales, sont présentes dans des produits tels que les huiles, les œufs, le lait et la viande.
L’usage de l’hexane comme solvant pour l’extraction des huiles trouve ses origines dans la période entre les deux guerres. Son développement a débuté dans les années 1930 aux États-Unis, pour ensuite se répandre en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Le rapport propose également de soutenir, d’encourager et d’accompagner le développement des méthodes alternatives de trituration. Il est aussi question d’établir une taxe sur la production, la vente et l’importation de substances contenant de l’hexane.
