La nomination de Richard Ferrand comme président du Conseil constitutionnel est loin de faire l’unanimité

Son mandat, qui s’étale sur neuf ans, couvrira les élections présidentielles de 2027 et 2032. Par ailleurs, le président du Sénat, Gérard Larcher, a désigné le sénateur LR Philippe Bas et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, l’ex-députée MoDem Laurence Vichnievsky comme membres de Conseil. Ces nominations, particulièrement importantes dans le contexte politique instable actuel, doivent encore être validées par les parlementaires.
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«Un groupe d’opposition n’a pas de raison d’approuver une nomination venant du président dont il combat la politique», indique Hervé Saulignac, député socialiste, membre de la commission des lois.
Sans mandat électif depuis 2022 après avoir perdu son siège face à une candidate PS, Richard Ferrand, désormais à la tête d’une société de conseil, n’a jamais raccroché avec la politique, au point d’avoir été maintes fois cité pour Matignon.
L’ancien député du Finistère, qui occupait les bancs du PS dans un relatif anonymat sous François Hollande, fait partie du petit commando qui a rejoint Emmanuel Macron dès les débuts d’En Marche (les initiales d’Emmanuel Macron).
«Il a un positionnement unique auprès d’Emmanuel Macron qui est de pouvoir vraiment tout lui dire, sans filtre, et le président l’écoute pour de vrai. Ce lien-là, je ne l’ai jamais vu s’éteindre», témoigne auprès de l’AFP l’ancien ministre macroniste Stanislas Guerini.
Les opposants à Emmanuel Macron ne manquent d’ailleurs pas de rappeler que Richard Ferrand avait déclenché une vive controverse en proposant de modifier la Constitution pour éviter la limitation de la fonction présidentielle à deux mandats. De quoi questionner la future impartialité du nouveau président du Conseil constitutionnel pour ses opposants.
Plusieurs d’entre eux ont pris la plume pour dire tout le mal qu’ils pensaient à cette future nomination. «Il ne s’agit pas de s’opposer à un Robert Badinter, un Jean-Louis Debré avec son nom et le poids de l’histoire ou même à un Laurent Fabius qui avait pris du recul avec la politique au moment de sa nomination : Richard Ferrand pose un problème de légitimité en droit et au regard de son passé politique», assure ainsi le constitutionnaliste Benjamin Morel, qui a fait part de son opposition à la nomination de Richard Ferrand dès que les premières rumeurs ont couru. «C’est l’âme damnée d’Emmanuel Macron», appuie-t-il.
Ce maître de conférences en droit public cite «la théorie des apparences» pour appuyer son raisonnement. Cette théorie juridique, issue de la Cour européenne des droits de l’homme, souligne l’importance attribuée aux apparences et à la sensibilité accrue des citoyens aux garanties d’une bonne justice, rapporte Franceinfo.fr
